Autour du monde

La Mauritanie et le Mali 2010





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Vous pouvez laisser vos impressions ici, elle seront gardées dans le livre d'or.

En route pour de nouvelles découvertes !

« Il existe deux catégories parmi les humains : ceux qui ont des meubles et ceux qui ont des valises » Albert Londres. Nous nous rangeons définitivement dans la seconde. Une fois de plus, nous sacrifions la réfection de notre salle de séjour afin de nous évader pour deux semaines en Afrique.
« Le désert est beau parce qu’il est propre et ne ment pas » Théodore Monod. Depuis longtemps, nous avions envie de le vivre et d’en témoigner par nous-mêmes. Alors pourquoi pas la Mauritanie, et la région de l’Adrar, pour en faire l’expérience.
Mais voyager dans les pays pauvres d’Afrique n’est pas concevable pour nous autrement qu’en voyage solidaire. Quitte à laisser des traces, autant que cela profite aux populations locales ! C’est pourquoi nous voyageons à nouveau avec Vision du Monde.
Et puis, pourquoi ne pas en profiter pour rendre visite à Bouréma, notre ami malien, même si 1 000 km séparent Atar de Bamako. En fait, c’est jusqu’à Sikasso, au sud du Mali, que nous allons devoir nous rendre pour le rencontrer !

Louise


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dimanche 14 février lundi 15 janvier mardi 16 janvier mercredi 17 janvier
jeudi 18 janvier vendredi 19 janvier samedi 20 janvier dimanche 21 janvier
lundi 22 février mardi 23 février mercredi 24 février jeudi 25 février
vendredi 26 février
tableau des titres

Arrivée dans l'Adrar le 14/02/2010

Après un voyage Lyon - Roissy éprouvant (TGV en retard d'une heure, attente interminable à l'arrivée, en plein froid, pour prendre la navette de l'hôtel) et une soirée non moins fatigante (queue au restaurant de l'hôtel et j'en passe...), la nuit, bien qu'assez courte (5h30 de sommeil), a été néanmoins bénéfique. Levés à 3h45, nous voici vite replongés dans l'atmosphère des voyages que nous prisons tant.
Il est 6h du matin : nos bagages sont enregistrés, nous patientons dans l'attente d'un embarquement imminent ; la salle est moins colorée que l'on pouvait imaginer pour un vol qui fait escale à Saint-Louis du Sénégal. L'Afrique attire beaucoup de "Toubabs" en cette saison hivernale que nous sommes ravis de fuir ! Le vol va durer 8h30, c'est le prix à payer pour ce dépaysement.
Finalement, en raison d'un problème de tuyauterie gelée dans les toilettes (ça ne s'invente pas !), c'est avec 2 heures de retard que nous décollons. Nous sommes ravis de nous être levés si tôt !
Après une escale à Saint-Louis du Sénégal où nos embarquons bon nombre de touristes sur le retour vers Paris, tout bronzés et chargés de souvenirs locaux, nous arrivons enfin à Atar, au coeur du plateau de l'Adrar.

En attendant de passer le contrôle de police et la douane, nous nous présentons à Bernard, le Président de l'association de tourisme solidaire avec laquelle nous voyageons cette fois encore : Vision du monde, que je reconnais car je l'avais rencontré au Mali 2 ans auparavant. Une fois les formalités accomplies et le change effectué, nous sommes accueillis par Cheibany, le prestataire mauritanien de Vision du Monde. Un 4x4 nous attend, ça y est, nous avons les pieds dans le sable et il fait 26°C en ce milieu d'après-midi !

Une traversée rapide de Atar, un arrêt devant une boutique et nous sommes assaillis d'enfants qui veulent nous vendre toutes sortes de choses : des cartes postales, des chèches, des T-shirts...
 campement des Toiles Maures

Enfin, nous arrivons au campement des Toiles Maures, à 1 km environ de la ville, dont Cheibany est propriétaire et gestionnaire. Là, nous sommes accueillis par Aly qui sera notre guide durant tout notre séjour. Il nous présente également notre cuisinier puis Abousy qui est en stage avec lui pour être guide à son tour. Abousy est, lui, originaire du sud de la Mauritanie, de la région frontalière avec le Sénégal, et il commencera bientôt à faire visiter sa région aux touristes de Vision du Monde. D'autres personnes sont aussi employées par Cheibany et sont présents au campement (chauffeurs,...). Il est autour de 16h et nous n'avons pas encore fait de vrai repas (ne parlons pas du minuscule sandwich sucré, servi dans l'avion, immangeable). Alors, la tiéboudienne servie à notre arrivée est vraiment la bienvenue ainsi que le thé à la menthe que nous redécouvrons et qui est si rafraichissant. Après cela, Aly nous installe dans notre case, assez grande, faite pour 6 couchages. Nous sommes donc à notre aise.

Puis, pour nous dégourdir les jambes, après tant d'heures coincées dans l'avion, il nous propose notre première ballade, proche du campement, sur le site des "stromatolithes", calcaire dolomite fossilifère de roches brunes ou bleues, constituées d'unités concentriques.
 site des stromatolithes

Elles sont le fait de l'activité d'algues bleues en milieu marin vivant il y a 500 millions d'années qui ont participé à l'élaboration de l'atmosphère. On a du mal à croire que la mer s'étendait dans ce désert, même il y a 500 millions d'années ! Ce qui est tout aussi surprenant, c'est que le site s'étend sur des kilomètres à la ronde.
En chemin, Aly nous parle des plantes et des arbres que nous rencontrons : le cassia italica Sahara-Nature avec les feuilles duquel on peut faire un laxatif puissant (en les mettant en poudre), des acacias, des palmiers... Nous croisons un géco, des traces de chameaux (plutôt de dromadaires), de gerboises Sahara-Nature ...

Au retour, nous montons sur la terrasse du campement pour observer le coucher de soleil.
 coucher de soleil

Au goûter (il est environ 18h30), on nous offre des dattes fraîches pour accompagner notre thé ainsi que des arachides. Après une bonne douche pour atténuer la fatigue de cette longue journée, nous profitons d'un temps mort avant le dîner pour nous livrer à l'observation d'un ciel étoilé à couper le souffle. Vers 21h, nous nous régalons d'un tajine à la viande de chameau. Le repas se termine encore une fois par un thé à la menthe qui va être de trop cette fois, je vais rester éveillée la moitié de la nuit. Avant d'aller nous coucher, Cheibany nous fait la conversation : il parle de ce que viennent chercher les Européens dans le désert, de sa vision du développement en Mauritanie...
tableau des titres

Village d'Azougui le 15/02/2010

Nous nous levons pour être prêts pour le petit-déj' à 7h30 mais il tarde un peu à venir : la ponctualité africaine ! L'attente est récompensée par des crêpes délicieuses accompagnées de miel du Mali ; c'est un miel très foncé et très goûteux.

A 8h30, c'est l'heure de notre ballade du matin. Bizarrement, le soleil n'est pas au rendez-vous. Le ciel est noir, pas très menaçant toutefois.
L'avantage, c'est que nous marcherons toute la matinée au frais (vestes polaires sur le dos). Nous traversons la savane, croisons une éolienne qui alimente en électricité le pompage de l'eau vers le réservoir d'un village plus lointain. Puis, nous entrons dans une gorge creusée par l'érosion d'un fleuve, il y a fort longtemps.
 gorges

En chemin, nous discutons avec Aly de ses origines : de père mauritano-marocain et de mère algérienne, il est né à Tombouctou au Mali et y a vécu jusqu'à l'âge de 17 ans. Par un dessin dans le sable, il m'explique où se trouve sa maison par rapport à celle de René Caillé que nous avons aperçue lors de notre visite en 2007. Il se dit "Saharien" quand on lui demande sa nationalité. Il a aussi une soeur qui habite Bamako au Mali et un frère qui travaille et vit en Corse ! Il a fait quelques voyages en France mais préfère de loin son désert, comme on le comprend !
Avant d'arriver au village d'Azougui, nous grimpons un peu dans la falaise observer des peintures rupestres datant de 4000 - 5000 ans. Ce sont des boeufs très distincts.
Au village, nous allons tout d'abord visiter un site archéologique : les ruines d'une forteresse, abandonnée par les Almoravides au XIe siècle, partis pour conquérir le Nord jusqu'en Espagne et, au Sud, jusqu'au Sénégal. Le site a été découvert pour la première fois au XIVe siècle puis fouillé par les Espagnols dans les années 1980. Les objets trouvés (poteries...) sont exposés au musée de Nouakchott.
Nous allons ensuite rendre visite à des écoliers en plein cours. 6 classes sont ouvertes dans ce village, les enfants ont entre 5 et 15 ans. L'école est obligatoire mais l'assiduité dépend de la bonne volonté des parents. Ils vont à l'école de 8h à 12h et de 15h à 17h. Dans une classe, nous sommes accueillis par la chanson "Frère Jacques" en français et en arabe.
A la sortie du village, nous nous arrêtons dans une petite coopérative gérée par des femmes.
 gorges

Nous sommes reçus par l'une d'entre elles qui, en fait, est une enseignante en congé maternité : elle vient d'avoir un bébé et elle a droit à 3 mois de repos. Le traditionnel thé à la menthe nous est proposé. Nous nous installons donc dans la minuscule échoppe. La mère de la dame nous rejoint, ses 2 enfants sont là également, la 1e qui a 3 ans et le bébé. Tout d'abord, elles nous servent le traditionnel "zrig", lait de chèvre caillé, sucré et coupé avec de l'eau. Nous en buvons une gorgée et faisons tourner le bol. Ensuite vient la préparation du thé à la menthe. Nous observons chaque geste avec attention, c'est un spectacle en soi. Tout l'art consiste à faire de la mousse au fond des verres avant de servir la version finale du thé qui est transvasé et retransvasé. Difficile de s'y retrouver ! Selon la tradition, il faut servir aux hôtes 3 verres de thé et à chaque fois c'est le même spectacle : "Le premier est amer comme la vie, le deuxième doux comme l'amour et le troisième est suave comme la mort", disent les Mauritaniens (les Maliens ont une version plus optimiste). La cérémonie peut durer des heures. On nous offre aussi des colliers de dattes séchées (que l'on mange comme nos colliers de bonbons) et j'achète à la vieille femme un collier fait main de petites perles parfumées. Nous avons passé presque une heure dans cette case et il est temps de rentrer au campement pour déjeuner. Entre temps, les nuages ont complètement disparu, c'est sous un soleil de plomb que nous prenons le chemin du retour. Le 4x4 nous rejoint pour nous ramener.

Nous déjeunons d'une salade de riz et d'une orange puis Aly nous annonce que nous pouvons faire la sieste jusqu'à 16h30, repos bienvenu sous cette chaleur. Fatiguée par la marche et la nuit passée, je finis par m'endormir un peu.

Après la sieste, nous nous mettons en route pour la ville d'Atar. En passant le long d'une palmeraie, nous découvrons avec étonnement une plantation de maïs à l'ombre des palmiers. Le matin, à Azougui, nous avions vu de la luzerne, des navets mais du maïs qui demande tant d'eau nous surprend beaucoup. Aly nous explique comment la ville a été érigée au 18e siècle, près de l'oued au-dessus duquel une digue a été construite pour permettre la circulation à la saison humide. Dans les années 1980, une importante inondation a détruit une partie de la ville. La mosquée, elle-même, a été reconstruite à l'identique. Nous cheminons dans les ruelles de la vieille ville puis sur le marché. Là, comme à l'accoutumée, nous sommes entourés d'enfants "rabatteurs" qui veulent nous emmener acheter nos souvenirs chez un membre de leur famille. Nous venons d'arriver et nous ne sommes pas encore prêts pour l'achat de souvenirs. En revanche, nous trouvons une vendeuse de beignets comme Clément en raffole. Je trouve aussi une nouvelle paire de lunettes de soleil car j'ai perdu les miennes la veille en ballade.
 La famille d'Ali

Aly nous emmène ensuite boire le thé dans sa famille. Sa femme nous accueille en compagnie de ses 2 enfants, Brahbi, 3 ans, et Mohammed, le bébé de 7 mois. Après le thé et une séance de photos familiales, nous regagnons le campement. Il fait nuit quand nous arrivons. Cette petite marche crépusculaire, à la fraîche (il a fait plus de 30°C cet après-midi), est appréciée de tous. Clément et Abousy font même une petite course.

Il est 19h, Aly nous offre le thé (encore un !), accompagné de beignets encore tout chauds, ils sont bien meilleurs que ceux du marché. Nous rejoignons Bernard et Cheibany qui, eux, ont passé la journée à acheter des fournitures scolaires pour le village de Tin Tamdej que nous visiterons dans quelques jours : ils ont pu trouver des cahiers, stylos et crayons mais pour les livres et les cartables, ils devront faire leurs achats à Nouakchott, la capitale. Ils ont aussi réceptionné les tables-bancs et ont chargé un premier véhicule qui partira demain pour l'école de Tin Tamdej.
 Le retour au campement

Après une bonne douche réparatrice, nous dînons d'un délicieux couscous-légumes. Puis vient l'heure de la veillée et chacun son tour conte ses souvenirs de voyage : Aly et Cheibany, l'un après l'autre, nous raconte des anecdotes croustillantes sur les voyageurs. Comme toujours, ces guides sont des conteurs hors pair. Cette fois, la nuit sera meilleure pour moi. C'est sûr, j'ai essayé de consommer un peu moins de thé même s'il est difficile de refuser.
tableau des titres

Départ pour la rando dans le désert le 16/02/2010

Réveillée vers 6h, j'observe de ma natte le ciel étoilé qui fait place progressivement au lever du jour puis du soleil (nous dormons porte ouverte à cause de la chaleur, juste la moustiquaire est tirée). Le petit déjeuner se fait encore attendre mais notre attente est vite oubliée grâce aux crêpes au miel à nouveau et au pain frais à la Vache-qui-rit ("le beurre de l'Afrique").
 lever de soleil

C'est une nouvelle ballade à pied à Atar qui nous attend ce matin. En chemin, nous traversons une palmeraie sous laquelle des femmes et des enfants s'affairent dans les cultures maraîchères.
 palmeraie

Le programme de la matinée est en premier lieu la visite d'un musée privé dédié à Odette du Puigaudeau, "Une Bretonne au désert", qui a écrit en 1933-34 "Pieds nus à travers la Mauritanie". Ce musée a été créé par un Mauritanien passionné qui donne envie de lire ces récits.
Nous nous dirigeons ensuite vers le "Centre de Malnutrition" de Atar. Une religieuse et médecin espagnole le gère. Elle nous explique son intervention avec son équipe d'infirmières mauritaniennes auprès des femmes qui viennent en consultation avec leur nourrisson lorsqu'elles n'arrivent plus à le nourrir correctement ou lorsqu'il est malade. Certains cas sont très critiques comme des déshydratations avancées... Le personnel du Centre doit faire l'éducation des mères et leur expliquer que l'on peut nourrir les bébés à partir d'un certain âge avec des bouillies additionnées de lait. Une discussion s'engage entre la religieuse et Cheibany qui nous a accompagnés qui nous montre que le fossé entre les cultures est grand. Cheibany parle de sélection naturelle quand, en tant qu'Européen, on voudrait absolument sauver 100 % des bébés. En revanche, nous sommes d'accord avec lui quand il affirme qu'il faut prendre le problème à la source et éduquer les femmes et d'abord les petites filles.


Le plus difficile pour les employées du Centre, c'est de convaincre les femmes de rester en ville le temps qu'il faut pour soigner leur enfant car beaucoup viennent de la brousse. La consultation a lieu le matin et à midi le repas leur est servi. Ensuite, elles rentrent dans la famille ou chez des proches qui les hébergent momentanément.
Nous déposons les objets que nous avons amenés avec nous : des boîtes de lait 1er et 2e âge, des peluches qui m'ont été offertes par mon entreprise (des suricats) et des vêtements chauds que nous avons achetés avant de partir (il peut faire très froid la nuit dans le désert, jusqu'à 0°C).
Après nous être rafraîchis dans un café, nous sommes rejoints par une voiture pour rentrer au campement ; Clément est épuisé par la chaleur.

Nous déjeunons d'une excellente salade de pommes de terre aux légumes (betteraves, carottes, oeufs durs, tomates...) et d'une orange. Puis se sont les préparatifs de départ car nous quittons le campement à 16h. Pendant le temps de repos, je discute avec Aziz, le cuisinier du campement. Il parle de politique, explique que les terroristes islamistes donnent une mauvaise image de la Mauritanie, que les Mauritaniens ne sont pas comme ça, qu'ils ont besoin des touristes, qu'à Atar 75 % de la population vit du tourisme, les autres sont des employés du gouvernement ou des militaires. D'ailleurs, depuis notre arrivée, nous pouvons observer la présence de nombreux militaires : plus de 400 Français sont à Atar pour former les militaires mauritaniens, notamment au pilotage d'avions et d'hélicoptères. La sécurité est renforcée à cause des enlèvements qui ont été perpétrés ces derniers temps. Aziz dit que les Mauritaniens aspirent à une stabilité politique maintenant et qu'ils espèrent beaucoup du nouveau président.
Nous observons, tout en parlant, les ouvriers qui continuent de creuser le puits. Ils doivent aller chercher l'eau assez loin mais Cheibany souhaite être plus autonome car, pour l'instant, l'eau arrive en camion-citerne et il doit la payer. Aziz aimerait voir des fleurs sous les petits palmiers qu'ils ont plantés.

Vient l'heure du départ. Nous partons avec deux 4x4 et le matériel pour 4 jours (tentes, matelas, nourriture, eau...). Après une heure de route, le passage d'un col sur le plateau et deux contrôles de police, nous quittons la route goudronnée pour nous enfoncer dans les dunes. Rapidement, nous atteignons Souigya où nous attendent déjà deux chameliers. Leurs chameaux paissent en contrebas de la dune : ils se nourrissent volontiers des feuilles des acacias qui poussent dans les zones plus humides. Les tentes sont montées, car la nuit tombe très vite, pendant que nous sommes en extase devant ce prodigieux paysage. Daniel et Clément le photographient sous tous les angles tandis que nous assistons au coucher du soleil.


Comme toujours, la priorité est donnée à la préparation du thé, véritable rituel. Notre arrivée, même en plein désert, a attiré son lot de marchands ambulants. Nous nous laissons convaincre par l'un deux à qui nous achetons quelques souvenirs. Puis, nous nous mettons tous (guides, cuisinier, chameliers) autour du feu car le froid est vite tombé. Yarbane, notre cuisinier, nous sert un excellent tajine, très épicé, et nous avons même droit à une salade de fruits (en boîte). Le repas se termine à nouveau par le thé, bien sûr. La théière est directement posée dans les braises tirées du feu et déposées dans le sable.
Après le repas, c'est le temps de la veillée : Aly et Abousy nous content des histoires chacun leur tour ; puis, c'est le tour des devinettes, nous y participons tous.
L'harmattan souffle pas mal cette nuit.

Voici un conte très touchant que Aly intitule "Soyez prudents" et une histoire contée par Abousy :

Conte mauritanien :
Un père lave sa belle voiture toute neuve. Pendant qu'il fait cela, il entend son fils de 7 ans, de l'autre côté du véhicule, qui s'applique à la rayer consciencieusement. Pris de colère, il le frappe, le frappe encore et encore, sur les doigts, avant de s'apercevoir qu'il tient une clé à molette dans les mains. Affolé, il conduit son fils à l'hôpital où on le soigne. Plus tard, ce dernier le questionne : "Papa, quand mes doigts vont-ils repousser ?". Accablé, le père s'enfuit et retourne auprès de sa belle voiture. Il commence à donner des coups de pied dans la carrosserie, les pneus, en lui parlant "Tout ça, c'est à cause de toi !". Enfin, il s'arrête, stupéfait, là où son fils avait gravé : "Papa, je t'aime". Désespéré, il s'en va mettre fin à ses jours.
Morale :
"Faites attention à votre colère, elle devient souvent des paroles, faites attention à votre parole, elle devient souvent des actions, faites attention à votre action, elle devient souvent votre caractère, faite attention à votre caractère, il détermine votre destin !"

Autre conte mauritanien :
Le roi des animaux veut donner un morceau de viande. Pour déterminer quel en sera le bénéficiaire, il dit qu'il le donnera au plus jeune. Chacun rivalise : le guépard dit qu'il a 3 semaines, l'antilope dit qu'elle à 3 jours et ainsi de suite. La hyène, grimpée sur un arbre, à son tour, bondit en s'écriant : "Lavez-moi, lavez-moi, je viens de naître !".


tableau des titres

A la découverte du désert le 17/02/2010

Le lever est un peu plus matinal aujourd'hui car nous voulons commencer à marcher "à la fraîche". De fait, à 7h30, nos sacs sont bouclés et à 8h nous nous mettons en chemin après un petit déjeuner fait de pain cuit la veille au soir dans le sable chauffé par les braises.
 petit déjeuner

Le lever du jour puis du soleil sont à nouveau un spectacle magnifique. La première demi-heure, nous progressons à l'ombre et assez vite puis nous attaquons l'ascension d'une dune en plein soleil et nous commençons à tirer la langue. Nous stationnons un moment sur la crête de la dune car Aly veut s'assurer que les chameaux, avec notre matériel, sont bien en route, derrière nous. Nous dévalons ensuite cette dune magnifique à pic. Quel plaisir de se laisser glisser !
 notre guide notre guide
Nous nous mettons un peu à l'ombre d'un "balanites aegyptica" Sahara-Nature, arbre plein d'épines dont on peut sucer les noix contre la toux et le mal de gorge (ce n'est pas mauvais). La deuxième partie de la matinée à travers le canyon de Terzant est partagée entre des regs et des dunes jusqu'à l'arrivée au pied de la falaise, à la grotte de Terzant d'où pendent des stalactiques.

 le canyon
L'endroit est frais. La grotte est très habitée par de petits oiseaux ; des traquets à tête blanche, le moula-moula en arabe Sahara-Nature, nous rendent visite ainsi que des tourterelles des bois qui émigrent dans le sud du Sahara en hiver.
Avant le déjeuner, un marchand qui nous accompagne depuis la veille au soir, nous convainc de lui acheter quelques souvenirs (à cette allure-là, on va rentrer très chargé).

Le repas se compose d'une salade de pâtes et d'une orange. Pendant la sieste, Clément et Abousy improvisent une partie de dames dans le sable avec des cailloux et des bâtons.
 la grotte
Puis vient l'heure du départ : 1 heure 30 de marche à nouveau et nous voici sur le lieu du bivouac, à la sortie du canyon ; la Vallée Blanche s'étend devant nous ! Clément aide à ramasser du bois pour le feu. Aly nous montre le circuit sur une carte IGN à 1/200 000e qu'il a achetée en France et on parle de l'histoire et de la géographie de la Mauritanie à l'aide de 2 bouquins dont je prends les références. Avant le repas, Clément joue à la DS (Nintendo) avec Abousy et les 2 chameliers.

Au dîner, Yarbane nous a concocté un excellent plat de spaghetti accompagné d'un sauce aux légumes un peu pimentée. Nous apprécions beaucoup sa cuisine. Le dessert consiste en une salade d'ananas. Le repas se déroule autour du feu comme la veille. Nous finissons la soirée avec des énigmes et des jeux de mots du genre :

"Qu'est-ce qui avance sur une patte et s'arrête sur 3 ?" (Réponse : une brouette).
"Qu'est-ce qui t'appartient mais qui est plus utilisé par tes amis ?" (Réponse : ton nom).
"Quel est cet arbre ? Il a 12 branches, sur chaque branche 30 feuilles, à chaque feuille 5 fruits, 2 au soleil, 3 à l'ombre." (Réponse : l'année, les mois et les 5 prières quotidiennes).
tableau des titres

Ten Tamdej et la Vallée blanche le 18/02/2010

Au lever, le temps est très humide, le sable est mouillé, les nuages sont accrochés aux hauteurs. Vers 8h, nous entamons notre marche sans soleil ce qui facilite notre avance. Nous faisons halte dans un premier village où on nous offre le thé (toujours l'hospitalité mauritanienne). Les femmes en profitent pour nous vendre des objets d'artisanat. Ils sont les rois de la récup ! Avec de vieux flacons en plastique (sûrement abandonnés par des touristes indélicats), recouverts de peaux de chèvre peintes, ils font des souvenirs !
 femmes

Quelques photos et nous voilà repartis pour le village de Ten Tamdej où nous rejoignons Bernard qui a livré les tables-bancs à l'école. Cette classe a été ouverte par la coopération italienne et l'enseignant est payé par le gouvernement. Vision du monde a trouvé un financement par l'intermédiaire d'un voyageur pour acheter ce mobilier ainsi que le matériel scolaire. L'instituteur et son unique classe (2 niveaux) nous ont préparé une réception d'inauguration de l'école : une récitation mimée qui chante les louanges de son donateur. Après le rituel couper de ruban et quelques photos, nous sommes invités à déjeuner par le Chef du village et Président de l'association des parents d'élèves. Le niveau de vie de cette famille est un peu supérieur à la moyenne de celles qui nous ont reçus jusqu'à présent. On boit d'abord le thé tout en discutant du futur projet.
 école

Un plat nous est servi que nous prenons pour le repas : un gros morceau de viande de chèvre autour de son os, avec foie et rognons, accompagné de betteraves, carottes, navets et crêpes.
Puis, on m'annonce que l'épouse du Chef souhaite m'appliquer du henné, difficile de refuser ! J'observe la jeune femme appliquer des morceaux de sparadrap minutieusement sur mes pieds et mes mains pendant que Bernard passe un accord avec l'instituteur et le Chef du village sur l'utilisation de la somme restante : ce sera un bloc toilettes pour l'école. Un plan est fait où figure la somme versée par Vision du monde et les deux parties signent. Le papier est fait une deuxième fois pour que chacun en ait une copie (on fait avec les moyens du bord).
 école

Après la séance de henné, un deuxième repas nous est servi, du riz, cette fois, avec quelques morceaux de viande et des betteraves, carottes, navets. Comme le précédent, celui-ci est mangé avec les doigts. Mais, comme j'ai du henné tout frais au bout des doigts, on m'amène une petite cuillère. Daniel, lui, s'essaie aux boulettes de riz, seule façon de le manger avec les doigts. Ce riz est bienvenu car nous avons tous la tourista depuis la veille (les inconvénients des voyages).

Il est temps de quitter nos hôtes car nous avons encore une heure de marche avant d'atteindre notre lieu de bivouac.
 bivouac

Nous traversons l'oued El Abiod et nous sommes dans la Vallée Blanche, une succession de grandes dunes qui bordent l'oued : les dunes de Ouakane. Le spectacle est époustouflant et le coucher de soleil incomparable. De plus, Yarbane nous délecte de beignets très sucrés et délicieux, nous n'arrêtons pas de manger aujourd'hui !
Ce qui frappe chaque soir, c'est la sérénité qui règne dans le désert. Aucune pollution, même pas un avion. Plus tard, isolée sur la dune, je n'entends que les petits craquements que font les chameaux en se nourrissant des branches d'acacia en bas dans l'oued et les éclats de voix des hommes au bivouac. La lune est déjà là, bientôt le ciel brillera des milles feux des étoiles.
 la vallée blanche


Avant dîner, nous discutons avec Bernard de la question des pourboires car c'est un problème dans chaque pays d'Afrique. Difficile de savoir quelle attitude adopter.
Nous dînons d'un couscous-légumes près du feu de camp comme chaque soir et d'une salade de fruits. Et la soirée se termine par les contes et les blagues de Abousy et Aly.
Vers 21h30, nous allons nous coucher, nous nous levons tôt demain, un dure journée de marche nous attend.
 le feu de camp


Blagues africaines :
* Un haut fonctionnaire français de l'équipement reçoit son homologue africain en France (les "Belges" des Africains sont les Sénégalais ou les Burkinabè mais Aly préfère ne vexer personne).
Il l'invite dans sa superbe maison de campagne. L'Africain lui demande comment il fait pour se payer une si belle maison. Le Français lui répond : "Tu vois, cette belle autoroute là-bas ?" - "Oui, je vois" - "Eh bien, 10% !".
Quelque temps plus tard, l'Africain reçoit à son tour son homologue français. Il l'invite dans son superbe palais avec 3 piscines. Le Français, très impressionné, lui demande comment il a fait. L"Africain lui répond : "Tu vois cette belle route là-bas ?" - "Non, je ne vois rien" - "C'est normal, 100% !".

* Le Président d'un pays africain doit nommer son Ministre de l'Economie et des Finances. Il fait venir les meilleurs diplômés de son pays, sortis de La Sorbonne, de Cambridge, d'Oxford. Nombreux se présentent. Lors de l'entretien, à leur plus grand étonnement, il demande à chaque candidat de conjuguer le verbe "toucher". Chacun s'acquitte très bien de cette tâche : "je touche, tu touches, il touche..." mais le Président n'est pas satisfait. Puis, se présente un vieux chamelier, vieille connaissance du Président. Etonné de la candidature de son ami, sans diplôme, le Président lui pose tout de même la question à laquelle le vieux répond : " C'est simple, je touche - tu touches, tu touches - tu touches, il touche - tu touches, nous touchons, tu touches...". Et il devient Ministre.
tableau des titres

Les Dunes de Malichigdane le 19/02/2010

Le lever du soleil sur la Vallée Blanche est aussi beau que le coucher.
 lever de soleil

Aujourd'hui, c'est notre plus grosse journée de marche : 4h le matin, 2h l'après-midi, après la sieste bien sûr. Les deux premières heures sont très agréables car il ne fait pas encore très chaud, nous sommes partis à 7h45. C'est une succession de dunes, celles de Malichigdane,
 les dunes

aussi mes chaussures qui ne sont pas adaptées depuis le début car elles laissent passer le sable, y compris à l'intérieur des chaussettes, me blessent de plus en plus les pieds : les orteils sont écrabouillés et j'ai des ampoules partout. A chaque pause, je dois vider les chaussures et les chaussettes mais j'ai de plus en plus de mal à marcher. Cela ne m'empêche pas d'apprécier le paysage qui est magnifique.

Par ailleurs, Clément qui nous a réveillés vers 5h30, pris de vomissements, va de plus en plus mal. Il vomit, il a la dysenterie. Aly l'a mis sur un chameau depuis le départ car il est incapable de marcher. L'anti-diarrhéique n'a pas suffi. Bernard propose un antibactérien intestinal qui se trouve dans la pharmacie du guide.
 les petits bobos

Dans le milieu de la matinée, nous nous arrêtons près d’un bosquet plus touffu pour attendre les chameaux qui ne tarde pas à nous rejoindre. Dissimulé sous la verdure nos chameliers se mettent à puiser l’eau fraîche du puits qu’ils ont ouvert et que nous n’avions même pas remarqué en passant devant.
 les petits bobos

Puis nous finissons par arriver au lieu prévu pour le déjeuner : un seul arbre, un balanites aegyptica, fait de l'ombre à l'ensemble de l'équipée (chameliers, cuisinier, guides, touristes). Le repos et le repas sont plus que bienvenus. Je demande à Aly si on peut avoir du riz blanc pour Clément et notre menu sera constitué d'une salade de pommes de terre et haricots verts et d'une pastèque. Avec l'eau citronnée, cela nous rappelle le Maroc.

Pendant la sieste, j'observe avec beaucoup d'amusement tout ce petit monde, chacun avec son téléphone portable dans le désert. Bien sûr, le réseau ne passe pas partout mais globalement ils téléphonent souvent.

Un troupeau de chèvres nous rend visite. Le berger vient saluer nos hôtes. Les rencontres sont si rares dans le désert qu'ils ne ratent pas une occasion de venir discuter.
 les chèvres

A 15h30, lorsque nous repartons, le soleil est encore haut. Nous passons des tapis de végétation que l’on croirait calcinés par le soleil vue leur blancheur. Se sont des Calotropis procera (pommiers de Sodome) appelés cheveux blancs de la terre par les touaregs, car ils poussent là où plus rien d’autre ne pousse, montrant ainsi le vieillissement de cette contrée. Ses feuilles d’un vert gris sont très larges et quand celui-ci meurt il devient d’un blanc immaculé formant des touffes plus ou moins éparses sur le sable. Sahara-Nature
 les chèvres


Dans la dernière partie, n'en pouvant plus, car à la douleur s'est ajoutée la chaleur, je termine pieds nus dans le sable mais aussi dans les cailloux.
 pieds nus

Vers 17h30, nous arrivons péniblement sur le lieu de notre dernier bivouac, au pied d'une colline rocailleuse. Sortis de nulle part, un couple avec un bébé nous rejoint rapidement pour vendre des souvenirs. La jeune femme est charmante et, malgré nos nombreuses acquisitions, nous lui achetons encore de petites choses pour la dédommager de s'être déplacée de si loin. Nous lui expliquons comment soigner les yeux de son bébé qui a visiblement une conjonctivite, juste avec de l'eau bouillie et un linge propre. Inutile de lui donner du collyre car elle ne saurait pas s'en servir et il vaut mieux qu'elle sache faire avec les moyens dont elle dispose.
 le bivouac

Auprès du feu, comme chaque soir, nous prenons notre repas. Yarbane, pour faire plaisir à Clément qui commence à remonter la pente et à garder quelque chose dans le ventre, a cuisiné spécialement pour lui des frites accompagnées de lentilles aux oignons (tout cela avec des moyens rudimentaires et dans le désert). Ce n'est pas le menu idéal quand on a des problèmes digestifs mais Clément mange de bon coeur ce soir, il va vraiment mieux.
Abousy essaie de mettre de l'ambiance comme tous les soirs en chantant des chansons improvisées sur nous, sur tout ce qui lui passe par la tête, en tambourinant sur un bidon vide (il fait des percussions dans sa région du sud vers Kaedi).
Nous sommes si fatigués ce soir que nous avons du mal à le suivre malgré son désir de nous faire chanter et danser pour cette dernière soirée dans le désert. Même Aly est en panne de contes et va se coucher le premier. Nous ne tardons pas à le suivre, il est 22h.
tableau des titres

Retour à Atar le 20/02/2010

Nous avons tous très bien dormi cette nuit. Le départ est à 8h00.
 lever de soleil

Bernard m'a prêté des crocs, chaussures en plastique très larges et à trous qui évacuent le sable en marchant, cela va beaucoup mieux. Nous marchons durant 2h30 environ, à plat aujourd'hui, c'est beaucoup plus facile. Aly confie à Clément le chameau qu'il a pris avec lui au cas où...
 marche avec chameau

En chemin, à proximité d'un village, nous observons un bébé chameau d'une semaine. Aly veut le caresser mais la mère n'est pas d'accord.
Vers 10h30, nous nous arrêtons dans un village maure à moitié sédentarisé. Certaines familles partent encore quelques semaines pour faire paître leur troupeau, d'autres sont complétement sédentaires.
 bébé chameau

La famille qui nous reçoit sous sa tente paraît très pauvre. Les jeunes filles qui allaitent leur bébé semblent si jeunes. Les hommes sont aux champs. Nous avons longé un espace grillagé avant d'arriver au campement, c'est là qu'ils cultivent.
Nous nous installons sous la toile où il fait déjà très chaud. Bien sûr, une nuée de femmes nous rejoint : elles déballent leurs objets artisanaux devant la tente. Malheureusement pour elles, il ne nous reste presque plus de devises et nous voulons en garder pour les pourboires.
 vendeuses

Nous prenons le thé. Seul un homme est présent, mis à part nos accompagnateurs. Yarbane s'installe aussi sous la tente pour préparer le repas de midi, tout en discutant avec nous de la récolte des dattes, appelée "guetna". Cela amène beaucoup de monde, y compris des villes alentour. Tous les enfants reviennent durant juillet et août pour aider à la récolte. C'est une période de fête. Yarbane découpe une pastèque et en donne une partie aux enfants. Il leur distribue aussi une orange chacun. On voit bien qu'ils n'ont pas l'habitude de consommer ces produits qui sont beaucoup trop chers pour eux (les oranges viennent du Maroc). Ils sont ravis. Yarbane explique à l'homme adulte comment il faut éplucher l'orange avant de la manger. Il prépare ensuite une salade de riz, avec du thon. Plus tard, on retrouvera les enfants jouer avec les conserves vides. J'essaierai d'expliquer à une mère que le couvercle de la boîte est coupant, elle le jette à 1 mètre pour en débarrasser l'enfant, je doute fort de l'efficacité de la mesure...
 jeune maman

Avant le déjeuner, Aly se livre à quelques soins. Il sort la pharmacie et soigne un petit enfant de 2-3 ans au doigt, une petite fille à la tête, puis le père à la cheville. Une vieille femme se plaint aussi d'une foulure, Daniel lui pulvérise une des ses préparations aux huiles essentielles. Après le repas, elle nous offrira un couvercle en laine tressée pour nous remercier. Je leur laisserai une lampe de poche à dynamo en échange de leur hospitalité.
 séance de soins

Nous déjeunons puis les 4x4 nous récupèrent et nous rentrons à Atar. 50 km environ et nous voilà de retour au campement des Toiles Maures. Après le thé de bienvenue rituel, quel plaisir de retrouver le confort d'une bonne douche après 4 jours dans le désert. Difficile de se débarrasser du sable qui s'est immiscé partout.
Nous apprécions le repas aussi. Après le dîner, ce sera le tour de Cheibany de nous conter des histoires. Il nous dit avoir travaillé avec Henri Gougaud qui souhaitait organiser un festival du conte à Chinghetti mais rien n'a encore pu se faire pour l'instant.
tableau des titres

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