Nouvelle escapade
Le retour à l’Isle d’Abeau n’a pas été des plus simples : saison déprimante, routine quotidienne retrouvée…
Malgré la joie de retrouver les enfants (un peu perturbés par ce retour prématuré) et les proches, malgré les escapades à Marseille pour voir le soleil et la mer, mon regret était grand de ne pas mettre à profit ce congé sabbatique et poursuivre la découverte de notre monde.
L’idée a mûri et me voilà à nouveau prête pour une nouvelle aventure.
Ce sera l’Afrique cette fois : 3 petites semaines pour visiter le Mali et rencontrer ses habitants, avec Clément et ma sœur Mireille.
Départ le 19 janvier 2008 !
Récits à suivre…
Louise
Dimanche
Après une brève escale marocaine (à peine une heure à Casablanca), le temps d'entrevoir quelques images typiques et colorées (berbère enturbanné, femmes voilées...), nous voici au Mali. A 3 heures du matin, nous foulons le sol de Bamako (la capitale).
Bamako :
Déjà, dans l'avion, nous avons eu un aperçu de la nonchalance africaine : indiscipline... A l'aéroport, c'est le summum ! une pagaille innommable ! il y a ceux qui doublent la queue au contrôle de police et qui s'exemptent des formalités, ceux qui voudraient passer outre le contrôle des bagages... Nous retrouvons notre guide Bouréma à la sortie. C'est à 4 heures du matin que nous franchissons enfin le seuil de notre chambre, hélas seulement pour 3 petites heures car Bouréma nous informe que le petit-déjeuner est prévu à 7h30 ! Nous avons en effet une longue journée de minibus qui nous attend pour rejoindre Djenné.
Une bonne douche glacée, rien de tel pour se réveiller après une nuit plus que courte ! Comme prévu, nous nous trouvons à 7h30 devant la salle de restauration. Il y a juste un petit problème, le gérant a oublié de commander notre petit déj ! Finalement, après 3/4 d'heure d'attente environ, nous avons droit aux croissants, baguettes de pain, beurre, confiture (comme chez nous). On en oublie vite notre attente !
Nous prenons donc la route avec une heure de retard. Nous avons 550 km à parcourir. Première difficulté : la traversée de Bamako. Je retrouve un peu l'atmosphère de Marrakech, mais 10 fois plus bruyante, polluée, encombrée... Les rues grouillent de piétons, de cyclistes, de motocyclistes, de charrettes, de chariots poussés ou tirés, de minibus verts (le transport public de Bamako où s'entassent un nombre impressionnant de voyageurs), des taxis et quelques voitures de particuliers aussi... Tout cela évolue dans le désordre le plus complet. Aux plus gros carrefours, des policiers tentent de mettre un peu d'ordre.

Pour couronner le tout, une partie du boulevard principal est fermé à cause d'une course à pied. La circulation est donc déviée sur les contre-allées, plus étroites et bordées de marchands ambulants ou des étals en tous genres. Tout est vendu dans la rue, des produits alimentaires comme les pastèques, les régimes de bananes, portés par les femmes et les
jeunes filles sur leur tête... aux matériaux de construction en passant par la quincaillerie... Cette longue traversée nous permet d'observer cet univers coloré de boubous chatoyants, ces gestes de la vie quotidienne. On dirait que chacun a quelque chose à vendre.
A la sortie de Bamako, nous nous immobilisons un long moment car il faut acquitter le droit de circuler sur la route entre Bamako et Djenné, auprès de la police. C'est leur péage à eux. A l'arrêt, nous sommes sollicités par des tas de jeunes gens et d'enfants qui veulent nous vendre toutes sortes de choses : des cacahuètes, de l'eau, des jus de fruit emballés dans de petits sacs en plastique, des casquettes, des lunettes...

Lancé à toute allure, notre chauffeur klaxonne souvent pour signaler aux piétons, cyclistes, conducteurs de charrettes, de s'écarter du milieu de la route. Parfois, à vrai dire souvent, un troupeau de vaches, de moutons, de chèvres, ou même des ânes, traversent la route. Le klaxon n'est pas toujours efficace dans certains cas. Des villages aux maisons de briques de terre séchée défilent. Les manguiers sont en fleur. Nous apercevons aussi quelques baobabs. En approchant de midi, nous commençons à souffrir de la chaleur. Il fait déjà plus de 30°C. Bouréma nous expliquait à notre arrivée qu'il fait froid la nuit en cette saison : les températures descendent jusqu'à 19 - 20°C la nuit !
Ségou :
Vers 13h, nous faisons enfin la pause déjeuner à Ségou où nous rejoignons la dernière partie du groupe (nous sommes 10 plus notre guide et notre chauffeur). Le groupe au complet, nous déjeunons dans un petit resto très sympa. Au menu : du capitaine, excellent poisson du fleuve Niger qui coule tout près (en chemin, nous l'entrevoyons ou l'enjambons parfois), avec du riz et ce que Bouréma appelle de l'aubergine africaine mais qui ressemble plus à un poivron. En dessert, pastèque et papaye.

Segou est une petite ville où se côtoient maisons en terre et villas de l'époque coloniale. Les plus grands bâtiments abritent hôtel de ville, etc.
Après le déjeuner, nous devons reprendre la route pour, au minimum, 4 heures encore. La digestion, la chaleur et le manque de sommeil ont raison de moi : je pique un petit somme. Parfois, j'émerge et aperçois des champs de calebasses qui sèchent au soleil, de petites huttes en terre, rondes, au toit de chaume, réserves à céréales... A la tombée de la nuit, vers 18h30, des feux commencent à s'allumer à l'extérieur des maisons pour la préparation du repas. A l'intérieur, pour s'éclairer, les habitants utilisent des lampes à pétrole. Puis, nous prenons un bac pour traverser le Bani, affluent du fleuve Niger et arrivons enfin à Djenné vers 19h, contents de descendre du minibus après une journée intensive de route.
Djenné :
Nous logeons cette nuit dans une auberge de style marocain avec une cour intérieure et les chambres tout autour au rez-de-chaussée et à l'étage. Nous installons nos moustiquaires dans notre chambre puis allons dîner dans la cour. Au menu ce soir du concombre en sauce, encore du poisson du fleuve , accompagné de pommes de terre frites et de bananes plantain grillées et, en dessert, de la pastèque.
L'Association par le biais de laquelle nous voyageons, Vision du Monde, est engagée dans le tourisme solidaire : 3 % du prix du voyage est reversée pour le développement des villes et des villages traversés. C'est pourquoi, à la fin du repas, le trésorier de l'Association Djenné Patrimoine à laquelle Vision du Monde verse 3 000 francs CFA par touriste, vient nous parler de leur mission : sauvegarder le patrimoine culturel et archéologique de Djenné, classée au patrimoine mondial. Il évoque aussi les problèmes récents d'insalubrité dans la ville qui abrite désormais 16 000 habitants. En effet, à cause de l'eau courante installée grâce à des fonds allemands après des années de sécheresse, les familles font maintenant leur toilette, vaisselle et lessive à l'intérieur, et non plus, dans le fleuve, et, hélas, aucun système de traitement des eaux usées n'a été mis en place. Tout est rejeté dans les rues en terre. De plus, la généralisation du sac plastique est une catastrophe. L'Association participe à l'élaboration de solutions.
Peu après nous rejoint le Président du moment de Vision du Monde. Il est en voyage privé au Mali qu'il ne connaît pas. Il est plus impliqué en Mauritanie où il accompagne des projets de développement. Là il profite pour rencontrer l'équipe locale du Mali.
Louise
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Lundi
Djenné :
Après une bonne nuit réparatrice nous voilà un peu plus en forme. Petit déjeuner à 7h30 (le pain est toujours aussi excellent) et nous commençons la visite de Djenné avec un guide local, Tapo, de l'Association Djenné Patrimoine. Il nous parle de l'origine de la ville (9e siècle), fondée par les Bozos, les Bambaras, les Peuls, les Songhaï et les Malinké (13 ethnies sont présentes au Mali). Tous sont musulmans à Djenné (au Mali, on trouve 80 % de musulmans, 18 % d'animistes, surtout chez les Dogons, et 2 % de chrétiens, sur 13 millions d'habitants). 42 écoles coraniques et 100 marabouts forment les enfants. On a l'occasion d'en voir plusieurs groupes, apprenant leur sourate du jour sur une ardoise en bois où les caractères (en arabe) sont tracés avec un mélange de charbon de bois, de gomme arabique et d'eau.
Nous déambulons dans les ruelles et Tapo nous explique de quoi sont faites les maisons. Nul n'a le droit de construire en béton puisque toute la ville est classée. Les murs sont donc en briques de terre séchée (le banco), soit cylindriques, liées avec du beurre de karité et du pain de singe (fruit du baobab), appelées Djenné feri, soit rectangulaires, liées avec de la paille, donc moins coûteuses, nommées Toubabo feri car importées par les Français (Toubab signifiant "Blanc"). Une fois par an, le crépissage est obligatoire (avec de la terre liée par de l'écorce de riz, du son) sinon à la saison des pluies les murs s'écrouleraient. Les plus fortunés appliquent, en guise de crépi, des briques de terre cuite liée avec du ciment (ça ils ont le droit), ainsi ce revêtement peut durer jusqu'à 8 ans.

Trois styles de construction se côtoient à Djenné : marocain, soudanais et toucouleur.
Nous montons sur une terrasse pour embrasser du regard toute la ville et admirer la Grande Mosquée. Quelques scènes de la vie quotidienne se déroulent à nos pieds : femmes au travail, enfants qui jouent...
Le vent se met à souffler (l'harmattan) et nous avalons de la poussière, ce n'est pas très marrant.
Tout au long de notre visite, nous sommes suivis par une ribambelle d'enfants, certains essayant d'obtenir un cadeau, d'autres voulant juste communiquer ou encore d'autres désireux d'essayer le djembé que je porte dans le dos (un cadeau du Bénin apporté par le beau-père d'Aurélie à son mariage).
Nous longeons la Grande Mosquée (nous n'avons pas le droit de la visiter) et arrivons sur le grand marché hebdomadaire. C'est une juxtaposition de tissus chatoyants, de seaux et des bassines bariolés, de céréales, de noix de kola, d'odeurs de poisson séché...
Une petite fille de 6-7 ans nous suit depuis un moment en espèrant nous vendre quelque chose. Elle chantonne tout le temps. Très belle, elle est vraiment marrante.
Dispersés sur le marché, nous retrouvons le groupe pour le déjeuner. Ce sera poulet en sauce, pommes frites et bananes plantain grillées encore une fois. Pour finir, un excellent thé à la menthe.
Le Pays Dogon :
Nous reprenons ensuite le minibus pour rejoindre le Pays Dogon : 5 heures de route et de piste environ. Après le bourg de Bandiagara, le paysage change. Les Dogons ont aménagé des marigots avec l'eau de pluie (pendant la saison humide), ce qui leur permet de cultiver l'échalote en grosse quantité. Du coup, le long des marigots, c'est un paysage de verdure surprenant qui contraste avec la sécheresse environnante. Ils essaient de vivre de cette culture en l'exportant dans tout le Mali, et même un peu au-delà, mais leurs gains sont vraiment minimes par rapport à l'effort fourni car l'échalote se vend très bon marché.
Nous arrivons en fin d'après-midi à Gogoli, un des 10 villages de la ville de Sangha. Nous allons dormir sur une plate-forme au sommet de la falaise, à la belle étoile.
Très vite, Clément fait connaissance avec les enfants venus nous accueillir. Contrairement à tous les autres rencontrés jusqu'à présent, ceux-ci doivent avoir la consigne de ne pas solliciter les touristes (ils ne demandent pas de cadeau). Clément sort son djembé et il est immédiatement entouré par tous les enfants qui, paradoxalement, n'ont pas vraiment l'habitude d'en voir.

Puis nous montons, Clément et moi, sur les rochers qui dominent notre campement. Nous sommes très vite rattrapés par de nombreux enfants de tous âges. Nous faisons des photos, ils souhaitent donner leur adresse pour qu'on leur en envoie. Des "bouts de chou" me prennent par la main.
En redescendant, Clément décide de sortir son stock de billes et de leur apprendre à en jouer. Il leur en laisse quelques-unes contre leur adresse car un adulte lui explique qu'il ne faut pas les habituer à donner sans rien en échange. C'est difficile d'avoir le comportement adéquat face à la misère.
Nous installons notre campement puis passons à l'apéro (bière ou autre). Au menu, ce soir, du poulet à la sauce tomate accompagné de semoule. De la pastèque, à nouveau, en dessert. Vers 20h30, certains d'entre nous, très fatigués, se préparent pour la nuit.
L'harmattan commence à souffler très fort, la nuit promet d'être ventée. Cela se confirme, nous avalons de la poussière sans arrêt. De plus, c'est pleine lune, on la prend en pleine figure la moitié de la nuit. Au petit matin, nombreux sont ceux qui n'ont pas beaucoup dormi. Pour ma part, j'ai réussi à dormir un peu, Clément, lui, a dormi comme un bébé !
Louise
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Mardi
De Gogoli à Tiégou :
Aujourd'hui, c'est notre premier jour de randonnée en Pays Dogon. Nous démarrons très doucement. Premier arrêt au pied du rocher pour observer des ossements : ce sont les défunts qui sont déposés dans les cavités, le plus haut possible dans les falaises (rituels animistes).
Puis nous traversons le tunnel naturel de Bongo qui passe sous la falaise. Les Dogons affirment que c'est la mer qui l'a creusé autrefois (elle est si loin qu'on se demande si c'est une vérité scientifique). En tous cas, c'est un passage très pratique et frais. Des commerçants sont installés là et essaient de vendre leur artisanat.
Nous longeons ensuite des champs d'échalotes où les femmes s'affairent avec des baquets énormes, en alu, sur leur tête. En fait, elles vont chercher l'eau, parfois très loin, et arrosent patiemment parcelle par parcelle, manuellement. Quel labeur !
La majeure partie de la récolte est pilée. De petites boules sont confectionnées, séchées au soleil et transportées. Ainsi, elles se conservent plus longtemps. Des boules sont également confectionnées avec les tiges. Bouréma nous explique que les mêmes champs sont utilisés pour la culture du riz à la saison des pluies.

Nous poursuivons sur un terrain plus sec. En chemin, nous observons tour à tour un arbre qui donne une sorte de raisin (oui, un arbre !) avec lequel on fait du jus, un arbre à noix de karité (avec lesquelles on fait le beurre du même nom), des buissons dont les feuilles donnent l'indigo. Lors d'une halte, nous testons la chair du pain de singe (fruit du baobab) : c'est un peu acide mais succulent à mon goût, rafraîchissant en tous cas.
Nous atteignons la limite du plateau et entamons la descente de la falaise. Des failles très profondes qu'il faut enjamber sont présentes dans la roche.
Puis, c'est la pause déjeuner. Le repas n'est pas apprécié par tout le monde. Il est seulement composé de thon en miettes et de sardines à la sauce tomate (pas très équilibré, heureusement le pain est très bon) puis une banane. Le ventre plein, nous avons 2 heures devant nous pour nous reposer sur des nattes. C'est vraiment bienvenu !
Nous poursuivons la descente vers le village de Tiégou. Là, Bouréma nous explique d'abord la nature des différentes constructions : les murs d'enceinte des maisons sont constitués d'étroites tours rondes en terre, coiffées d'un toit de chaume ; les plus hautes sont les réserves de mil, les plus petites sont les "armoires" des femmes où elles rangent leurs ustensiles de cuisine... Les habitations, elles, sont rectangulaires. Les Dogons, dont 20 % environ sont musulmans, peuvent avoir jusqu'à 4 femmes.
Nous stoppons ensuite devant la Case à Palabres ("toguna" en dogon) où les villageois tiennent conseil et règlent les litiges. Le toit est très bas volontairement : lorsqu'une personne se fâche et se lève brutalement, elle se cogne la tête et se rassoit illico ; c'est un exemple de la sagesse africaine. C'est aussi un endroit frais où ils viennent se reposer ou discuter.
Nous sommes arrivés par le haut du village, construit à même la falaise, comme beaucoup en Pays Dogon. Nous le traversons donc en descendant dans la plaine. Les mêmes scènes se répètent. Les adultes nous saluent d'un "Bonjour, ça va ?" et les enfants ajoutent : "bonbons ?", "cadeau ?", ou "bicou ?" pour "bic" (ils réclament en fait des stylos). Bouréma nous a déconseillé de donner quoi que soit aux enfants pour ne pas les inciter à mendier mais c'est très difficile de refuser en permanence.
Arrivés au bas du village, nous sommes sollicités par un homme qui récolte des fonds pour la construction d'une route qui traverserait le village. Nous décidons de cotiser.
Puis, nous longeons les champs du village entourés d'une palissade (à cause des chèvres). Outre les carrés d'échalotes, nous pouvons distinguer des tomates, des salades, des poivrons, des aubergines. Encore une fois, nous constatons que ce sont principalement les femmes qui y travaillent.
De Tiégou à Yendouma :
Notre chemin se poursuit maintenant dans le sable. Nous progressons plus difficilement et, souvent, en plein soleil. Enfin, nous atteignons le village de Yendouma où nous allons passer la nuit. Ce village est aussi construit contre la falaise. Nous allons dormir sur une terrasse qui permet de voir une partie du village qui s'étage au-dessus de nous. Après un apéro et une douche sommaire mais bienvenue, nous passons à table : poulet "bicyclette" (comme dit Bouréma qui a beaucoup d'humour), c'est un poulet qui court vite (contrairement à chez nous), des pâtes, puis des mangues et des goyaves.

La fin du repas est perturbée par des pleurs collectifs au sommet du village : il s'agit d'un décès. Des gens accourent.
C'est enfin une bonne nuit de sommeil à la belle étoile qui nous attend avec la lune bien présente.
Louise
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Mercredi
La falaise de Youga :
Petit-déjeuner matinal (à 7 heures) et nous voilà partis pour notre plus grande journée de marche. Il fait déjà très chaud malgré l'heure et nous traversons la plaine en plein soleil et dans le sable. En chemin, nous croisons des tas d'enfants qui courent (sûrement un peu en retard) vers l'école de Yendouma (d'où nous venons) portant, outre leur cahier, une bouteille plastique contenant leur bouillie de mil pour le déjeuner sans doute.
Nous nous dirigeons vers le village de Youga Piri, entourés (même un peu harcelés) par un groupe de jeunes gens prêts à porter nos sacs (contre salaire bien sûr). En effet, nous allons "escalader" la falaise de Youga et ils savent que certains auront des difficultés. Après un moment d'ascension, nous arrivons à Youga Piri où nous sommes accueillis à l'ombre. Bouréma profite d'un étal d'objets artisanaux pour nous expliquer la signification des symboles dogons, scuptés sur une petite porte.
Après cette petite pause, nous poursuivons notre ascension. Nous continuons d'être accueillis par les villageois avec des "Bonjour, ça va bien ?" (même des petits enfants qui nous serrent la main). Au milieu du village, nous nous arrêtons pour admirer les surprenantes maisons troglodytes, construites à même la falaise. Il s'agit d'habitations Tellem qui datent d'avant les 14-15e siècles, date à laquelle les Dogons ont quitté la région maldingue (à l'Ouest de Bamako) pour se soustraire à l'islam introduit par les Almoravides. En fuyant, ils sont venus s'installer dans ce pays où vivaient les Tellem, un peuple de chasseurs-cueilleurs. Les Dogons se sont installés un peu plus bas dans la falaise et ont commencé à défricher, appauvrissant ainsi l'environnement des Tellem. Après cela, certaines théories avancent que les Tellem ont abandonné leurs maisons pour aller se réfugier au Burkina-Faso ou ailleurs (mais on ne retrouve aucune trace d'eux), d'autres prétendent qu'ils se seraient mêler aux Dogons. Toujours est-il qu'ils ont disparu, laissant derrière eux des tas d'objets qui ont été pillés et vendus par les Dogons à des riches collectionneurs.

Nous poursuivons jusqu'au sommet du plateau et de là dominons la savane. C'est splendide ! Nous traversons ce plateau sur un terrain à découvert, beaucoup plus facile, quoique truffé de failles qu'il faut soit enjamber, soit franchir sur des ponts improvisés (gros cailloux coincés entre les parois). Heureusement un léger vent souffle car il n'y a aucune végétation pour s'abriter du soleil.
Nous attaquons ensuite la descente jusqu'à une grande faille dans laquelle nous allons devoir descendre pour rejoindre l'autre flanc de la falaise. Pour ce faire, nous devons nous servir des échelles dogons. Ce sont des poutres plus ou moins longues, posées verticalement contre la paroi et dans lesquelles ont été sculptées des marches très étroites (le pied s'appuie en travers et non dans le prolongement du corps). La première difficulté réside dans le fait que pour atteindre la première échelle, il faut passer un aplomb sans glisser jusqu'en bas. Grâce à Bouréma qui accompagne de ses précieux conseils chacun d'entre nous, tout se passe très bien malgré le vertige de quelques-uns dont je fais partie.
Nous franchissons cette faille jusqu'au moment où elle débouche sur le village de Youga Dogrou. Les rafraîchissements sont bienvenus après tant d'émotions et comme nous approchons de midi. Nous avons encore tout le flanc à descendre. Au bout du village de Youga Dogrou, nous nous arrêtons à l'ombre d'un baobab et Bouréma nous conte l'origine des "masques", et pourquoi les femmes en sont exclues. Il évoque aussi les grandes fêtes ("sigui") qui ont lieu tous les 60 ans lors d'une position particulière de l'étoile Sirius (et ce alternativement dans tous les villages ou regroupements de villages du Pays Dogon).
Encore un peu de descente, toujours pas très facile à cause des failles, et nous voilà à nouveau dans la savane. Dernier kilomètre en plein soleil et c'est enfin la pause déjeuner : il est plus de 13 heures, il était temps, certains d'entre nous sont épuisés. Nous négocions l'heure du départ avec Bouréma : il est d'accord pour 15h30 puisque nous n'avons que 3 km à parcourir pour atteindre notre campement-auberge.
Au menu de ce midi, poulet "bicyclette" (toujours la même sauce tomate), riz, banane et mangue. Tout ce qu'il faut pour nous requinquer. Nous obtenons même un excellent thé à la menthe puis le patron nous installe des nattes pour un repos bien mérité. Au loin résonnent des tams-tams.
Koundou :
Nous repartons pour le village de Koundou où nous passerons la nuit. Bien avant d'arriver, nous nous arrêtons devant les bâtiments scolaires. Clément improvise une partie de foot avec les enfants qui ne sont pas à l'école. Bouréma dérange un des instituteurs pour qu'il nous présente sa classe (nous sommes un peu gênés). Les élèves (très nombreux, au moins 40) se lèvent et récitent une poésie à tue-tête. Puis, on les laisse à leur composition d'écriture du français.

Le temps de poursuivre un peu vers le village et nous sommes rejoints par les enfants qui sortent de classe. Ils nous montrent leur cahier, fiers de présenter les dessins des masques qu'ils ont faits. Ils essaient d'en échanger avec nous mais, devant notre refus, l'un d'entre eux finit par en faire cadeau d'un à Mireille.
En approchant du village, nous distinguons des tams-tams qui viennent vers nous. Bouréma nous explique que Koundou est partenaire de Vision du Monde. Du coup, les habitants nous accueillent avec une petite fête. Les joueurs de tams-tams nous rejoignent en chemin et c'est en musique que nous faisons notre entrée dans le village, entourés d'une ribambelle d'enfants. Sur une place, on nous invite à nous asseoir pour mieux profiter du spectacle. Au son des tams-tams, tour à tour hommes et femmes, individuellement ou par deux, dansent au milieu du cercle. Les spectateurs jettent des foulards. Plus leur danse est appréciée, plus on leur en jette.
Après le spectacle, le chef du village vient nous saluer. Nous allons ensuite à l'auberge qui nous accueille (nous avons des chambres ce soir !) où nous rencontrons le Comité de Gestion de l'Appui au Développement. Vision du Monde verse 6 000 francs CFA par voyageur au village (donc 60 000 francs CFA) que nous remettons en mains propres au Comité. Nous échangeons sur leurs besoins et leurs projets : cela leur permet de payer un des 5 instituteurs (1 est payé par le Gouvernement, 1 par la Mairie, 1 par l'ONG hollandaise qui a construit l'école et le dernier est stagiaire). Leur second besoin prioritaire est d'avoir un autre puits permanent (sur les 3 du village, un seul n'est jamais à sec). Ils ont besoin de payer un expert hydro-géologue. Enfin, leur grand projet est la construction d'un dispensaire. Aujourd'hui ils ont recours à l'hôpital de Sangha où pratique un seul médecin-chirurgien. Même pour les accouchements, les femmes en difficulté doivent faire 12 km, d'abord, en charrette puis transportées sur des brancards pour accéder au sommet de la falaise et accoucher à l'hôpital. S'ils arrivent à construire un dispensaire, ils espèrent pouvoir faire former un infirmier. Restera le problème des médicaments que les habitants ne peuvent pas s'acheter. Devant tous ces besoins criants, notre modeste participation semble bien dérisoire. Et pourtant, cela leur donne de l'espoir. Ils souhaiteraient que plus de touristes voyagent ainsi de façon solidaire.
Ce soir, c'est le grand luxe pour nous. Outre des chambres, nous avons 4 à 5 salles de bain avec cuvettes WC, néons. Nous pouvons faire un peu de lessive tout en économisant l'eau, conscients de ce que cela implique ici.
Clément, comme la veille, continue à partager ses jeux vidéo avec l'équipe des porteurs (ils portent nos gros sacs sur leur tête entre chaque étape).
Au repas, nous avons enfin des légumes (petits-pois et haricots verts) ainsi que des brochettes de boeuf, des frites et des bananes.
Louise
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Jeudi
De Koundou à Ibi :
Nous quittons Koundou pour une étape de 3 km seulement ce matin jusqu'au village d'Ibi. Nous allons en direction de l'étang où vivent des crocodiles mais ils ne veulent pas se montrer. Puis, nous rendons visite au forgeron. Il achète sa ferraille à Bamako (des rails usagés) et il forge des outils pour les villageois. Devant nous, il forge 2 lames à silex. Il nous montre comment avec la fibre du fruit du fromager, une fois brûlée (il en résulte comme de l'étoupe), on peut allumer un feu avec un silex et une lame. Les Dogons portent tout ce matériel dans une pochette de cuir de mouton ou de chèvre. A la fin de la démo, j'achète une lame. Le forgeron m'offre le silex et la fibre. Plus tard, j'achèterai une pochette de cuir.

Pendant que le forgeron travaille, un de ses fils sculpte des objets en bois, comme un cendrier en forme de crocodile. Le métier de forgeron se transmet de père en fils, c'est une caste au Mali.
Comme nous déjeunons dans ce village, l'étape est vraiment courte ce matin et nous arrivons vers 10h45. La pause-déjeuner sera longue. En attendant l'heure du repas, nous nous occupons : d'abord en observant nos porteurs jouer à l'awalé (l'un d'entre nous s'y essaie d'ailleurs mais les règles maliennes varient beaucoup de celles que nous connaissons), puis nous discutons autour d'une bière.
Au menu, ce sera des pâtes, du poulet "bicyclette" et des mangues. Puis un excellent thé à la menthe, suivi d'un moment de repos.
D'Ibi à Banani :
Départ à 15 heures sous un soleil torride ! Heureusement, nous n'avons que 4 km à faire. Avant d'arriver au village de Néni, à 2 km d'Ibi, nous apercevons dans la falaise une chambre funéraire au même niveau qu'un ancien village Tellem. Nous grimpons ensuite dans le village de Néni, adossé à la falaise, jusqu'à son plus haut niveau où est construite la "guina", maison du hogon, chef coutumier dogon. Pour 2 tribus dogons, c'est le plus âgé du village, pour les 2 autres, il est choisi par divination. Le hogon, une fois désigné, n'a plus le droit de sortir de sa maison, ni de se laver. Il vit des offrandes. Actuellement, le hogon est décédé et les villageois attendent de le remplacer (cela peut durer jusqu'à un an).
Nous redescendons un peu et poursuivons sur les rochers en direction de Banani Sirou où les villageois nous accueillent de la même façon que ceux de Koundou, Banani Sirou étant aussi un village partenaire de Vision du Monde. Cette fois, les danses sont plus harmonieuses, il y a une super ambiance : on sent qu'ils s'amusent vraiment. Pour commencer, 2 femmes déposent devant nous 2 statues, le couple dogon. Puis, les danseurs évoluent. Là, même les enfants se risquent au milieu du cercle. C'est un superbe spectacle !

Après cela, nous devons encore monter jusqu'au sommet du village, adossé lui aussi à la falaise, où nous rencontrons le Comité de Gestion de l'Appui au Développement. Ce soir, ils viennent en nombre (11 contre 2 la veille) et même les femmes sont représentées (6 en tout). Toutefois, elles s'assoient derrière les hommes et ne prennent pas la parole devant nous. Le besoin prioritaire de ce village (auquel nous versons également 60 000 francs CFA) est la construction d'un pont qui leur permettrait d'accéder à leurs champs même à la saison des pluies quand, parfois, ils sont inaccessibles. Vision du Monde a financé l'étude de faisabilité, il coûterait 26 millions de francs CFA (environ 40 000 euros). Notre contribution n'est qu'une goutte d'eau. Leur problème nous apparaît insoluble. Que peut-on faire ? Ils nous quittent en nous remerciant.
Nous dînons de semoule, de boeuf en sauce tomate et de mangue et rejoignons nos chambres.
Louise
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Vendredi
Gogoli :
Aujourd'hui, nous remontons tranquillement jusqu'à notre campement de Gogoli au sommet de la falaise. Une faille a permis l'aménagement d'un passage où les rochers ont été placés en escalier. Nous ne sommes pas les seuls à emprunter ce chemin. Les gens viennent de partout pour se rendre sur le marché de Sangha. De Banani, des femmes montent avec leur chaudron sur la tête pour vendre leur plat cuisiné. Un troupeau de moutons nous dépasse...

Arrivés à Gogoli, nous nous arrêtons chez le frère de Bouréma chez qui vit aussi sa maman. Puis, retour à notre campement de lundi. Une fois installés, nous allons faire un tour au tunnel de Bongo où des marchands vendent l'artisanat local. Nous marchandons quelques souvenirs (pour ma part, un jeu d'awalé et une pochette en peau de mouton pour mon silex), puis nous rentrons déjeuner. Je fais un peu de lessive car une fois que nous serons sur le Niger, le confort sera encore plus sommaire, nous dit Bouréma.
Le marché de Sangha :
Vers 15 heures, nous partons en minibus vers le marché de Sangha. En route, nous faisons halte pour observer des tables de divination. Cette coutume dogon consiste à dessiner sur le sable des symboles exprimant une question posée (avec des cailloux et bouts de bois). A la nuit, des cacahuètes sont jetées pour attirer le renard. Il laissera ses traces dans le sable qui seront interprétées comme la réponse à la question posée.
Sur le marché, les commerçants sont concentrés dans quelques rues, il est difficile de se frayer un passage tellement c'est étroit et noir de monde. On y voit des étals de tissu, de produits alimentaires (mangues, jujubes, oignons séchés en boules ou pilés en poudre, de la viande de boeuf, des poulets vivants, du savon...). Nous nous arrêtons à un stand de cuisine où nous achetons des beignets de farine de mil, vraiment excellents. Nous goûtons aussi à une friandise à base de jujube, ainsi qu'à la bière de mil ("dolo" en dogon). Le marché a lieu tous les 5 jours ce qui occasionne un jour de repos en quelque sorte pour la population. A la saison des pluies, il y a parfois moins de monde car le travail aux champs est plus important. En effet, après la récolte des échalotes, les champs sont affectés à la culture du riz.

Mireille commande une veste boubou avec un tissu indigo. Elle sera confectionnée 2 heures plus tard et apportée au campement.
Nous rencontrons ensuite l'Association de Protection du Patrimoine de Sangha (ville également classée au patrimoine mondial). Nous sommes d'abord accueillis par les danses habituelles mais, ici, seulement réalisées par les membres de l'Association, pour la plupart des anciens (hommes et femmes). Certains d'entre nous sont entraînés dans la danse.
Vient le moment de la réunion. Il y a un nombre impressionnant de participants. Les femmes sont représentées à parts égales au sein de l'Association. Le Président nous explique leurs actions. Puis, nous leur versons les 60 000 francs CFA prévus.
Retour au campement où nous dînons. Pour l'apéro, Bouréma nous amène une spécialité préparée par sa maman : de la pâte de mil (du tô) que l'on trempe soit dans une sauce gluante verte, faite de poisson séché, d'oseille et de feuilles de baobab qui donne l'aspect gluant, soit une sauce à la tomate avec de la viande et des oignons. La première sauce passe difficilement tellement elle est différente de ce que nous connaissons. Nous terminons par du poulet grillé, des frites et de la pastèque. Puis, tout le monde se couche de bonne heure car le lever va être matinal.
Louise
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Samedi
De Gogoli à Kona :
Levés à 5 heures, nous devons partir à 6 heures (en fait, ce sera 6h30). Nous faisons la route inverse jusqu'à Sévaré (banlieue de Mopti), puis direction Kona au bord du fleuve Niger où nous devons rejoindre la pinasse (sorte de pirogue). Il nous faut d'abord traverser un premier bras du fleuve mais l'eau est trop haute pour le minibus. Bouréma loue donc une charrette, tirée par 2 ânes pour nous faire traverser. Les 5 premiers montent à bord ; nous sommes l'attraction : "Ah ! ces toubabs qui ont peur de se mouiller les pieds !", doivent penser les femmes et les enfants qui sont là, occupés à laver linge et vaisselle dans le fleuve. C'est le tour de la 2e vague puis enfin des bagages. Tout est passé sans se faire mouiller !

Nous marchons environ 600 m et nous voilà à bord de la pinasse vers 11 heures, avec son équipage (4 personnes dont le commandant, une cuisinière, un jeune homme et un petit enfant).
Le fleuve Niger :
Nous voguons sur le Niger. De Djenné à Tombouctou, il inonde une vaste région nommée le delta intérieur.
Vers midi, le repas est servi à bord : un sympathique couscous et une orange.
Le long des rives, les villages bozos défilent. Cette ethnie vit de la pêche mais de façon nomade, selon la saison. Ils construisent leur habitation avec des demi-cerceaux de bois souple qu'ils recouvrent de paille et les retrouvent , si possible, la saison suivante lorsqu'ils reviennent au même endroit. Nous apercevons aussi des Peuls avec leur bétail le long du fleuve.

Le fleuve s'élargit, nous sommes dans le lac Débo. Nous pouvons observer de nombreux oiseaux, certains pêchent, il y a des hérons, des hirondelles (eh oui ! c'est ici qu'elles vivent en hiver !)...
Puis, nous accostons dans un village bozo où l'équipage achète des poulets vivants (ce sera le repas du soir). En fait, les bozos viennent juste de rejoindre cet endroit et sont en train de s'installer. Une maman nous présente son bébé qui s'est brûlé le pied dans le feu, la veille. Elle lui a juste posé un bout de chiffon sur les orteils et voudrait qu'on l'aide. J'ai du tulle gras mais personne n'a de formation médicale dans le groupe. Mireille s'y colle ! Elle décolle difficilement le chiffon mais la plaie est déjà infectée. On ne sait pas vraiment ce qui convient de faire (il faudrait qu'il voie un docteur mais ça leur est impossible). Mireille applique le tulle gras et bande le pied. On en donne un autre à la maman pour qu'elle renouvelle le pansement le lendemain et on espère qu'il s'en sortira comme ça. Tout le groupe est très secoué par cet événement.
Nous poursuivons jusqu'à 18h30 environ et accostons sur une berge. Là, nous déplions les tentes et installons notre bivouac. Des branches mortes sont rassemblées et nous avons droit à un beau feu de camp, allumé par Bouréma avec son silex ! Cela éloigne les moustiques qui ne sont pas nombreux toutefois. Nous dînons de poulet accompagné de pommes de terre et de sauce aux oignons et au chou (c'est un régal), suivis de bananes.
Le ciel est superbement étoilé, nous distinguons bien Orion, les Pléïades, Cassiopée, Sirius...
Louise
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Dimanche
Le fleuve Niger :
De nouveau aujourd'hui, départ à 6 heures et petit-déjeuner à bord. Nous avons tous froid ce matin. Le temps est brumeux, le soleil tarde à se montrer. Le vent nous cingle. Nous ne pensions pas avoir froid au Mali ! Et dire que nous nous sommes moqués de Bouréma lorsqu'il nous a dit qu'il faisait froid parfois !
Vers 9h30, nous accostons dans un village pour acheter du poisson frais. Pendant que l'équipage négocie, nous rejoignons un groupe de villageois au sein duquel 2 femmes sont en train de piler le mil. Certains d'entre nous tentent l'expérience et trouvent cela difficile, le pilon est très lourd.

Au déjeuner, nous avons donc du capitaine et un autre poisson, accompagnés de riz et d'une sauce aux oignons et au chou (comme la veille), puis de la pastèque.
N'Diorgné :
Dans l'après-midi, vers 15h30, nous accostons à nouveau, pour nous diriger cette fois vers le village de N'Diorgné qui va nous accueillir pour la nuit. Il se situe à environ 500 m de la berge. Ici l'accueil est distant au début. Les enfants restent à nous regarder à distance. Puis, une fois que le Président du Comité de Gestion de l'Appui au Développement nous a rejoints, ils sont rassurés et viennent nous serrer la main. Cette région n'est pas touristique du tout, ils n'ont rien à vendre aux voyageurs, leur accueil est plus authentique qu'en Pays Dogon.
Avec le Président, nous visitons le village. Nous allons serrer la main du Chef, puis observer les "fours" des potières (les femmes des forgerons, il y a 16 forgerons dans le village pour 250 habitants). Elles font cuire leurs jarres dans la terre sur laquelle le feu est allumé, les jarres cuisent ainsi à l'étouffée. Nous marchons ensuite à l'extérieur du village pour voir les différentes cultures. A la saison sèche, les villageois cultivent des haricots verts, de l'hibiscus, du gombo (un condiment), là où, à la saison des pluies, l'eau est partout et où ils cultivent le riz.
De retour au village, nous sommes accueillis très simplement par les femmes qui dansent pour nous au son de la musique produite en frappant sur un bidon plastique. Ces villageois sont les plus démunis que nous ayons vus depuis notre départ, et, pourtant, leur bonne humeur et leur simplicité nous vont droit au coeur.
Après le spectacle, nous installons nos toiles de tente, dans une cour très poussiéreuse. Puis, le repas tardant à arriver, le groupe patiente en chansons. Enfin, le riz et le poulet, préparés par les femmes du village, arrivent. Rassasiés, nous ne tardons pas à nous coucher.

Louise
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Lundi
Après le petit-déjeuner, vers 8h30, nous rencontrons le Comité de Gestion pour remettre les 60 000 francs CFA d'appui au développement. Outre des projets qui semblent très ambitieux comme un dispensaire ou une école (actuellement les enfants parcourent 4 à 5 km pour aller à l'école et le centre de soins est à 30 km, dans la ville voisine que l'on atteint seulement en pinasse), ils ont besoin de moto-pompes et de moulins.

La réunion terminée, nous rejoignons la pinasse. Peu après, nous pouvons apercevoir au loin la tête d'un hippopotame dans l'eau.
Tindirma :
Après 2 heures de navigation seulement, nous accostons au village de Tindirma. Une grande partie des habitants nous attend sur la rive et les femmes nous accueillent par des chants. En chanson, nous nous dirigeons jusqu'à la mairie où le spectacle continue. Les femmes chantent et dansent pour nous.

Puis, nous déjeunons de riz et de chevreau et nous nous reposons jusqu'à 16 heures.
Après cela, un des instituteurs nous sert de guide. Peuplé de Songhaï, le village est réputé pour avoir abrité de nombreux sorciers. Nous visitons une vieille demeure où est conservé un vase sacré qui servait aux préparations magiques. Puis, nous passons devant la maison du chef du village qui est absent et allons rendre visite à l'imam qui nous parle d'amitié entre les religions... Nous longeons la Grande Mosquée et montons ensuite jusqu'aux restes d'habitations juives datant des 9e-10e siècles, le village lui date du 11e siècle.
C'est le tour de l'école, son directeur nous reçoit. L'école accueille environ 150 enfants (pour 2 000 habitants), les enseignants sont au nombre de 6, plus le directeur. Nous assistons à la fin des cours et lorsque nous redescendons vers la mairie, de nombreux enfants nous entourent.
En chemin, nous faisons connaissance avec la sage-femme qui dit manquer de tout (médicaments, matériel...). Nous passons aussi devant l'ancienne demeure du fondateur du village qui est encore conservée aujourd'hui par ses descendants.
A notre retour, c'est le moment de la réunion avec le Comité de Gestion de l'Appui au Développement dont l'adjoint au maire est le président, et notre guide-instituteur l'un des membres. D'autres membres sont présents dont 3 femmes qui s'installent avec nous puis, voyant que nous tardons à démarrer, nous quittent car un mariage a lieu dans le village et elles préfèrent aller danser !
La discussion porte sur la restauration du centre de santé qui avait été construit par une ONG italienne et qui a fonctionné 10 ans. Puis, il a été laissé à l'abandon et, rongé par les termites, il s'est effondré. La mairie a injecté 2 millions de francs CFA pour sa reconstruction mais il s'est de nouveau effondré. Maintenant, ils souhaiteraient construire un toit de tôle. Devant tant de gâchis, nous sommes très perplexes. On a l'impression qu'ils attendent tout de l'étranger et jouent un peu trop l'immobilisme. Même Bouréma est très critique envers cette population songhaï qui a trop l'habitude d'être assistée. Ils ne savent même pas profiter de la richesse du fleuve Niger qui coule devant eux. Cet écart de comportement avec le peuple dogon qui vit si loin des points d'eau et qui trime tant, nous interpelle beaucoup dans le groupe.
Après le dîner (du riz pour le 4e repas consécutif et du poulet !), les villageois nous ont préparé une petite fête avec des musiciens venus exprès. Hélas, nous sommes si fatigués (les journées en pinasse nous assomment) que nous n'arrivons pas à apprécier pleinement. A 22h30, la fête prend fin au grand regret des villageois mais nous devons nous lever à 5 heures.
Louise
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Mardi
De Tindirma à Tombouctou :
9 heures de pinasse nous attendent aujourd'hui. De plus, sur le Niger, il fait un froid de canard. Le soleil est voilé et le vent sur l'eau est froid ! Qui l'eut cru ? En fait, ce sont les écarts de température qui nous surprennent. Après un bon petit-déjeuner sur la pinasse, cela va un peu mieux.
Sur cette portion, les villages au bord du fleuve sont plus nombreux. On observe des campements bella, ethnie qui était auparavant les esclaves des touaregs.
Soudain, Bouréma distingue au loin un groupe d'hippopotames, il a vraiment l'oeil ! Nous préparons nos appareils photos et la pinasse glisse non loin d'eux. Seule leur tête est visible hors de l'eau.

Nous déjeunons à bord d'excellentes pâtes en sauce, accompagnées de chou, oignons et poivrons, et, vers 15 heures nous accostons. Nous faisons nos adieux à nos 4 pinassiers.
Tombouctou (jour 1) :
Deux 4x4 nous attendent pour nous conduire dans la ville mythique et mystérieuse de Tombouctou, à environ 25 km de là. Aux portes du désert, elle est encore le départ des caravanes pour le Sahara et le Maroc. Abritant environ 42 000 habitants, l'ambiance y est très différente : beaucoup de 4x4 circulent, des motos, conduites même par des femmes, on sent l'empreinte de la modernité par endroits. La ville est classée au patrimoine mondial et beaucoup d'ONG injectent de l'argent pour sa sauvegarde. Toutefois, le sable gagne partout. Le fleuve Niger a reculé. La poussière est omniprésente (comme partout au Mali, mais encore plus ici). Bouréma dit que le sable est le 13e condiment au Mali, il est vrai qu'il n'épargne pas nos assiettes.

Nous sommes logés à l'hôtel Bouctou, au bord du désert. Nous arrivons sales et négligés après tant de jours sans douche et sans confort et cela nous paraît bizarre de retrouver quelques commodités comme une chambre ou une douche, même si l'eau qui en coule est marron, tellement elle est chargée en sable. Peu importe, nous l'apprécions énormément. On nous propose de laver notre linge à l'hôtel et ce n'est pas du luxe car nous n'avons presque plus rien à nous mettre.
Après cette toilette plus que nécessaire, nous finissons la journée à la terrasse de l'hôtel autour d'une bière. Clément trouve un volontaire pour aller faire un tour sur les dunes. Enfin, nous dînons et c'est un festin qui nous attend : soupe de légumes, brochettes de boeuf, accompagnés de frites et de légumes. Et pour finir une excellente crêpe au sucre (oui, oui, une crêpe !). On n'en demandait pas tant mais quel plaisir !
Louise
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Mercredi
La Grande Mosquée :
Grasse matinée ce matin : le petit déjeuner n'est qu'à 7h30 ! Vers 8 heures, le guide local de Tombouctou nous rejoint pour une visite de la ville. Ce qui frappe tout de suite, c'est la richesse des portes et des moucharabiehs qui ornent les bâtisses de style marocain. Nous longeons d'abord la Grande Mosquée dont la façade fait l'objet de travaux de restauration. Certains ouvriers portent des casques, d'autres des masques anti-poussière, certains les deux et d'autres rien du tout ! Ils sont presque tous en tongues ! Les façades sont enduites à nouveau chaque année à cause des pluies qui emportent tout.
Des enfants d'une école coranique, assis par terre, récitent par coeur leur sourate du jour.

Différentes bâtisses :
Nous nous rendons devant la bibliothèque où sont conservés des manuscrits très anciens. Au fil des ruelles, nous découvrons des demeures où ont vécu les 3 explorateurs, découvreurs de Tombouctou dont René Caillié. Celui-ci avait pris la peine d'apprendre à parler et à écrire l'arabe, et à se familiariser avec l'islam. Ainsi, il a pu se faire passer pour un lettré musulman et évité de se faire égorger comme son prédécesseur.

Nous visitons aussi l'entrée d'une Medersa (école coranique) où nous entendons les enfants réciter le coran, et un petit musée qui abrite quelques manuscrits.
Le Musée Municipal :
C'est ensuite le tour du Musée Municipal (ethnologique) qui abrite encore le puits autour duquel fut bâtie la ville au 12e siècle. On peut y voir des vêtements, des instruments de musique, des bijoux... des différentes ethnies vivant au Mali.

Le marché :
Puis, nous allons faire un tour sur le marché. Une partie se situe dans une halle. Nous montons à l'étage pour avoir une vue globale sur le marché et la ville.
Nous terminons par le marché des artisans où nous pouvons observer les tisserands, les bijoutiers en pleine activité... et faire quelques achats.

Nous déjeunons à l'hôtel du plat typique de Tombouctou : du pain cuit à la vapeur, accompagné de boeuf en sauce (le tugossu). C'est très bon mais assez bourratif, surtout qu'on nous sert un beignet à la confiture en dessert !
Ballade en dromadaire :
Le temps de repos jusqu'à 16 heures nous permet de nous soustraire à l'extrême chaleur. Après cela, certains d'entre nous ont choisi de faire une petite ballade en dromadaire jusqu'au campement touareg tout proche. "Promène couillons", dit Bouréma. C'est tout à fait de quoi nous avons l'air, vraiment maladroits sur ces bêtes si majestueuses. Au campement, les touaregs nous offrent le thé.

A notre retour, le groupe rencontre la Jeune Chambre Economique Internationale. Hommes et femmes sont sur leur 31, nous avons l'air de ploucs à leur côté, tout empoussiérés et échevelés, après cette ballade en dromadaire. Ils présentent leurs actions à Tombouctou et abordent notamment le sujet de l'assainissement.
Le dîner est composé de soupe de légumes (de nouveau très appréciée), de frites, légumes et viande, puis d'une salade de fruits locaux.
Louise
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Jeudi
De Tombouctou à Douentza :
Le lever à 4h30 n'est pas très facile, une rude journée nous attend. Nous rejoignons d'abord Douentza en 4x4 par une piste de près de 200 km. En premier lieu, il nous faut traverser le Niger par le bac. Quand nous arrivons au port vers 5h45, il y a déjà la queue. Nous allons attendre 2 heures sur place que vienne notre tour.
Après la traversée, nous attaquons la piste. Le chauffeur est obligé de maintenir une vitesse moyenne de 60 km/h pour tenir l'horaire mais aussi pour que l'on sente moins les trous et les bosses de la tôle ondulée. Parfois, nous décollons complètement du siège.
Les paysages qui défilent sont très arides et très beaux. Nous dépassons une caravane d'ânes, chargés de plaques de sel, venu du désert. Des troupeaux de zébus, de moutons, de chèvres et même de dromadaires jalonnent également notre route et nous nous demandons comment ils arrivent à se nourrir avec si peu de végétation. Avant d'arriver à Douentza, nous longeons le massif de Gandamia, prolongement de la falaise de Bandiagara, en pays dogon.

Ce trajet en 4x4 est très éprouvant et nous sommes heureux d'arriver enfin à Douentza vers midi. Nous déjeunons très rapidement de riz accompagné de boeuf en sauce aux petits légumes et d'une banane et nous repartons en minibus, cette fois, sur la route goudronnée, jusqu'à Mopti que nous atteignons peu avant 15 heures.
Mopti :
Soudain, nous sommes replongés dans l'agitation, le bruit, la circulation d'une grande ville (plus de 100 000 habitants). Nous avions perdu l'habitude. Mopti, située au confluent du Niger et de son affluent, le Bani, est surnommée "La Venise du Mali".

Nous sommes d'abord reçus par l'ONG malienne Prométhée, partenaire de l'Association suisse, IdéesElles dont l'objectif est d'allouer des micro-crédits aux femmes maliennes qui souhaitent développer une activité maraîchère ou de commerce. On nous affirme que toutes les actions sont destinées aux femmes mais aucune n'est présente pour nous en parler. Les salariés de l'ONG ne sont que des hommes, hormis la secrétaire. C'est cela aussi le Mali !
Il nous reste un peu de temps pour visiter Mopti. Une foire a pris place autour du port, il y a foule dans les rues et nous avons peine à avancer. Comme toujours, c'est une juxtaposition de produits très hétéroclites. Nous allons voir la mosquée, beaucoup plus récente que toutes celles déjà vues jusqu'à présent (un siècle seulement). Elle est très bien entretenue. En revenant sur le port, nous nous arrêtons sur le chantier de construction de pirogues. C'est de ces chantiers que sortent 90 % environ des pinasses qui naviguent sur la portion du Niger entre Mopti et Tombouctou.
Nous poursuivons par le marché artisanal puis allons nous installer à la terrasse d'un café bozo qui surplombe le port. Ainsi, en sirotant notre boisson, nous assistons au coucher du soleil.
Sévaré :
Retour à Sévaré, à 15 km de Mopti où se situe notre hôtel. Son standing nous surprend après tant de jours passés dans le sable et la poussière. Là, tout est carrelé, impeccable. Les draps sont propres et même repassés, les matelas très confortables. Nous dînons de viande en sauce aux oignons, accompagnée de petits pois et de frites, puis de pastèque. Le repas est agrémenté de musique, jouée par un groupe bobo (balafons, djembés...).

Louise
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Vendredi
Grasse matinée jusqu'à 7 heures ! Après le petit-déjeuner, nous quittons une partie du groupe qui reste à Mopti.
Nous repartons en direction de Ségou et, à l'heure du déjeuner, nous bifurquons sur une piste d'une trentaine de km qui nous amène à la ferme écologique de Teriya Bugu. Cette oasis de verdure est l'oeuvre du père Vespérien qui, dans les années 1980, a décidé d'utiliser l'énergie solaire pour créer une ferme, à partir de rien, sur un terrain désertique mais au bord de la rivière Bani, affluent du Niger. Grâce à l'énergie solaire, l'eau est pompée. Depuis 2003, un hôtel (des cases aménagées) a été construit, avec piscine. L'ensemble occupe environ 50 employés des villages environnants et tous les bénéfices sont répartis dans les villages (une école a été bâtie...). Aujourd'hui, ils ont aussi une installation pour fabriquer du méthane à partir du fumier et autres déchets organiques. Le gaz est utilisé à la cuisine du restaurant.

Cette pause au milieu de cette végétation luxuriante est bienvenue. Clément profite de la piscine quoique froide à son goût. En fin de journée, nous faisons le tour du propriétaire avec un guide (pépinière, élevage de lapins, quelques animaux sauvages malheureusement en cage...) et visitons le musée qui retrace l'histoire et la culture des différentes ethnies mais aussi l'historique de la ferme.
Louise
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Samedi
Encore un lever trop matinal à notre goût (à 4h30). Nous devons être à Bamako à midi.
Nous commençons par une piste de 40 km environ qui nous secoue vraiment. Clément et moi avons la tourista depuis peu et n'apprécions guère ces secousses. Enfin, nous rejoignons la route. Le trajet nous paraît interminable, nous en avons un peu assez d'avaler des kilomètres depuis Tombouctou. Nous faisons halte à Ségou pour voir les installations du festival de musique de renommée nationale (et même au-delà) qui a lieu sur quelques jours. Dommage que nous n'y passons pas la nuit, nous aurions pu y assister !
A l'entrée de Bamako, nous retrouvons la cohue que nous avions quittée il y a 2 semaines déjà. Le bruit et la circulation sont intenses. Nous traversons une partie de la ville, le pont sur le Niger, pour nous rendre au restaurant.
Après cette pause un peu réparatrice, nous reprenons le minibus pour aller visiter le Musée National. Il contient une salle archéologique où se trouvent quelques pièces parfois issues du pillage des sites, une salle avec des objets plus récents des différentes cultures et ethnies, une salle présentant les textiles (méthodes ancestrales ou plus modernes comme le basin) et une dernière salle où se situe une exposition temporaire de photos montrant les plus belles constructions en banco (terre séchée) dans le monde (Yemen, Iran, Tunisie, Burkina Faso... et bien sûr Mali). Devant le Musée, avec beaucoup d'humour, les Maliens ont figuré un sotrama (transport collectif), plein à craquer de monde et de bagages !

Nous nous rendons ensuite au Marché des Artisans où bijoutiers, forgerons, tisserands, sculpteurs... s'affairent, entassés les uns sur les autres, dans des conditions très difficiles.
Direction, à présent, Dalibougou, la maison d'hôtes où nous allons séjourner une semaine. Elle se trouve dans le quartier populaire de Magnambougou. Cette maison d'hôtes est gérée par l'Association Sinjiya Ton qui recueille les enfants des rues de Bamako (ils sont 24 actuellement). On leur offre un gîte et un couvert, la possibilité d'aller à l'école et d'apprendre un métier pour les plus âgés. Les touristes qui passent financent ainsi l'Association (cela représente 17 % environ du financement).
A notre arrivée, nous sommes reçus par Youssouf, l'intendant, puis Mamadou, le Directeur et Président de l'Association au Mali. Des enfants s'agitent tout autour, ils puisent l'eau du puits, chacun leur tour, pour leur toilette. Ca se chamaille, ça rigole... beaucoup d'agitation.
Nous faisons notre dernier repas avec ce qui reste du groupe, certains reprennent l'avion ce soir pour la France. Nous discutons un petit moment avec les filles du foyer qui ont entre 8 et 17 ans et, épuisés, nous allons nous coucher.
Louise
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Dimanche
Nous avons décidé d'une journée de repos complet car, depuis 2 semaines, nous n'avons pas eu beaucoup de répit. Nous passons donc la journée à lire, à discuter avec une bénévole française qui est là pour quelques mois, à observer la vie autour de nous. Hélas, l'ambiance est un peu trop bruyante à cause d'un mariage qui a lieu non loin de là et la musique à tue-tête perturbe quelque peu notre repos. Nous avons vu le cortège (très coloré) passer bruyamment à coups de klaxon sous notre fenêtre, les uns en taxi, la plupart, en couple, sur une moto, mais tous sur leur 31.

Nous avons juste fait un petit tour dans la rue voisine pour téléphoner en France et donner quelques nouvelles, plus tard pour acheter des bananes à l'étal, Bamako étant un immense marché continu.
Louise
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Lundi
Centre ville de Bamako :
Aujourd'hui, nous affrontons à nouveau le centre ville de Bamako. Tout d'abord, nous prenons un minibus vert (sotrama) où nous sommes entassés comme des sardines. Mais, pour 23 centimes d'euros, on ne va pas se plaindre ! Clément qui est installé sur les genoux de Mireille ne paie pas car il n'occupe pas une place. Après une trentaine de minutes, le bus nous dépose devant le Marché des Artisans.
Nous demandons notre chemin pour nous rendre à la Grande Poste mais, même venant des policiers, l'information est très approximative. Enfin, à la Poste, on se renseigne pour changer des euros. Là encore, c'est un peu vague mais on trouve tout de même. Le vigile de la banque nous envoie toutefois au bazar en face pour faire l'opération de change. C'est ça le Mali ! on commence à s'y faire.
Ensuite, on se rend à l'Institut des Arts et on rencontre un jeune étudiant (en animation socio-culturelle) qui nous parle de l'Institut, de son pays.
Après avoir cherché désespérément l'Office du Tourisme (personne, même pas la police n'a su nous renseigner), nous nous dirigeons vers le restaurant marseillais que nous avons repéré dans le guide (eh oui, ça ne s'invente pas !). Nous tombons dessus sans chercher, quelle veine, nous nous imaginions déjà en train de tourner en rond. Le resto est climatisé, propre, calme, spacieux, on retrouve un peu de sérénité après la bousculade et la chaleur étouffante de l'extérieur. Clément avait envie d'une pizza, quant à nous, nous commençons à saturer de riz en sauce, même s'il est souvent excellent. Heureusement, depuis que nous sommes à Dalibougou, nous mangeons aussi des crudités ou de la salade verte et des fruits à tous les repas. Au resto, je me régale d'un capitaine (poisson du fleuve) grillé tout simplement avec des pommes de terre vapeur et d'une salade de fruits frais (papayes, ananas, pastèque).
Reposés et rassasiés, nous nous rendons au Centre Culturel Français pour avoir un programme des manifestations de la semaine. Une exposition de photos sur la ville et l'architecture de Djenné (que nous avons visitée au début de notre voyage), datant des années 1960, nous permet de nous remémorer les lieux et les scènes déjà vus car rien n'a changé depuis.
Enfin, nous sentant incapables d'affronter à nouveau la bousculade et la chaleur du minibus vert pour rentrer, nous prenons un taxi qui nous ramène à la porte de Dalibougou pour 2 euros.
La vie à Dalibougou :
Nous passons le reste de l'après-midi à faire de la lessive à "l'africaine", en tirant de l'eau au puits, les pieds nus dans un bac, ou à lire. Nous discutons aussi un long moment avec Bintou qui aide à l'intendance. C'est une jeune mère ivoirienne qui s'est installée au Mali avec son mari à cause de la guerre en Côte d'Ivoire mais elle a eu beaucoup de mal à s'adapter, à supporter la poussière de ce pays.

Football à Dalibougou :
En fin d'après-midi, Clément est invité à une partie de football endiablée dans la rue (et donc dans la poussière) tandis qu'avec Mireille nous nous installons avec les enfants devant la télé, dans la cour, pour voir un match de foot de la Coupe d'Afrique : il s'agit du match Egypte - Angola. Depuis l'élimination du Mali qui n'a été une surprise pour personne, c'est assez marrant de voir comment les Maliens supportent ou non certaines équipes. Il est évident qu'ils se rallient plutôt aux équipes d'Afrique de l'Ouest auxquelles ils s'identifient plus facilement (sauf pour la Côte d'Ivoire qui les a éliminés !). Il est curieux d'observer que le fait que la télé soit en marche n'empêche pas de mettre aussi la radio à tue-tête, de jouer d'un instrument de musique ou d'écouter un balladeur. Le brouhaha est leur univers.

Au dîner, Bouréma nous rend visite. Comme promis, il nous amène son ordinateur portable avec des DVD. Il souhaite nous faire découvrir le film "Bamako", réalisé par un cinéaste malien, Sissako, et primé à Cannes. Nous finissons la soirée par une séance cinéma très intéressante : nous retrouvons l'ambiance, les gestes quotidiens que nous observons à chaque moment de la journée. De plus, c'est un plaidoyer contre les pratiques de la banque mondiale et du FMI envers les pays pauvres, ainsi que contre la corruption. Un film à voir !
Louise
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Mardi
Les 2 jardins d'enfants :
Mireille a demandé à Mamadou s'il était possible de visiter les jardins d'enfants, faute de crèche : elle est éducatrice de jeunes enfants en France et cela l'intéresse de comparer les méthodes. Mamadou charge Moussah, un jeune éducateur de Dalibougou, de nous accompagner. En fait, il y a 2 jardins d'enfants tout près du foyer.
Le premier où travaillent 3 animatrices, nous surprend par sa propreté, sa discipline et ses moyens. Il n'y a que des établissements privés et celui-ci vit des frais de scolarité versés par les parents (7 500 francs CFA par mois). Les enfants de 3 à 6 ans sont tirés à 4 épingles, portent tous des tabliers à carreaux, rouges pour les filles, bleus pour les garçons, et sont très calmes et disciplinés. Ils sont répartis par tranche d'âge, ont tous des cahiers. On leur enseigne le graphisme (coloriage pour les plus petits), l'initiation aux mathématiques, la récitation de comptines en bambara et en français. Les méthodes pédagogiques ressemblent beaucoup à celles de nos écoles maternelles. Dans le couloir, les petits cartables sont accrochés aux porte-manteaux, tout comme chez nous.
Dès l'entrée du second jardin d'enfants, nous percevons la différence : une immense cour très sale où traînent des ordures, des enfants censés être dans leur classe courent dans la cour. Ce jardin est géré par une association de femmes qui agit dans le quartier à plusieurs niveaux. Elles financent en partie l'établissement par leur travail de teinture et de confection de tissus (bogolan). Certains parents réussissent à verser des frais de scolarité mais pas tous et ce n'est pas régulier. L'association prend en charge le goûter de certains enfants qui n'ont rien à manger. Dalibougou leur vient en aide aussi mais ils n'ont pas la possibilité d'offrir des cahiers aux enfants, ils écrivent chacun leur tour au tableau. Le manque de moyens est flagrant.

A midi, les 4 bretons qui nous accompagnaient durant le voyage nous rejoignent. Ils nous racontent la clôture du festival de musique de Ségou à laquelle ils ont assisté. Vers 16 heures, c'est le tour de Bouréma qui nous rend visite. Nous finissons l'après-midi en discutant du Mali et de bien d'autres choses.
Concert :
Après le dîner, nous nous rendons tous en taxi au Centre Culturel Français où a lieu le festival "Les voix de Bamako". Nous assistons à un spectacle de grande qualité orchestrée par la chanteuse malienne Fantani Touré qui est accompagnée d'excellents musiciens et de bons danseurs. Une soirée de rythmes africains effrénés. Par moment, des spectateurs viennent se joindre aux danseurs sur scène, nous sommes époustouflés par leur talent. Oui, c'est aussi cela l'Afrique !
Louise
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Mercredi
Ce matin, nous voulons visiter le marché artisanal de N'Golonina (un quartier de Bamako). Nous craquons encore pour quelques souvenirs puis allons déjeuner avec nos amis bretons dans un resto sympa à l'ombre de grands arbres.
Au retour à Dalibougou, nous finissons la journée à nous reposer et discuter. Bouréma nous rejoint et dîne avec nous.
Avant le dîner, Mamadou nous fait visiter le foyer que nous observons de loin (par dessus la terrasse) depuis plusieurs jours. Nous comprenons mieux l'organisation et les méthodes employées.
Après le dîner, nos amis bretons nous quittent pour l'aéroport, c'est l'heure du retour. Bientôt, ce sera notre tour.
Louise
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Jeudi
Nous avons demandé à Bouréma de nous organiser un séjour de 2 jours à Siby.
Sur la route de Siby :
Nous partons donc de bon matin en voiture avec chauffeur et Bouréma bien sûr. La sortie de Bamako est infernale, cela nous prend bien 45 minutes : embouteillage, pollution, bruit, frayeurs sur la route (comment fait-il pour éviter tous ces piétons et 2 roues qui traversent n'importe quand ?)... Une vingtaine de kilomètres sur la piste (la route est commencée depuis 7 - 8 ans mais n'est toujours pas terminée), autant sur une belle route, et nous voilà arrivés, après 45 minutes de plus, à Siby (au sud-ouest de Bamako en direction de la Guinée).

Le campement :
Nous allons loger dans un campement géré par un syndicat d'initiative de jeunes de la ville. Ce sont de petites cases rondes en banco et au toit de chaume. Nous avons juste le temps de poser nos sacs et, comme il n'est que 10 heures environ, nous partons aussitôt pour une première ballade.
Ballade à la grotte de Fanfaba :
Nous faisons connaissance avec notre guide local, Siriman, et nous voilà en route pour la grotte de Fanfaba. En chemin, Siriman s'arrête sur chaque arbre et chaque plante pour nous en expliquer les vertus médicinales ou leur utilisation dans les rituels animistes. Comme en pays dogon, les habitants du pays mandingue sont musulmans mais ils n'ont pas renoncé pour autant à leurs pratiques ancestrales animistes. Ils continuent à sacrifier des animaux et à se prêter à des rites de magie : chaque arbre et chaque plante a son utilité, en bien ou en mal. Dommage que nous ne pouvons tout retenir !
L'ascension de la falaise pour atteindre la grotte est ardue car la chaleur est accablante en cette fin de matinée (pas loin de 40°C). Nous manquons de souffle mais, arrivés à la grotte, quelle récompense ! Une source s'y écoule toute l'année, il y fait bon, nous pouvons remplir nos gourdes. Siriman continue de nous raconter l'histoire de ce site, encore fréquenté pour les sacrifices et les prières.

Pause déjeuner :
Nous redescendons, à nouveau accablés par la chaleur et, une fois au campement, nous nous écroulons. Après un bon déjeuner, fait de ragout de pommes de terre et poulet, suivi de mangues et de thé à la menthe, nous goûtons aux joies de la sieste africaine : repos jusqu'à 16 heures.

Ballade dans la campagne :
Difficilement (car il fait encore très chaud), nous nous mettons en route pour notre ballade de l'après-midi : nous partons à travers champs, tantôt à découvert, tantôt sous les manguiers ou les arbres à karité, tout en longeant la falaise.
Siriman ne cesse de nous abreuver de ses connaissances, inépuisables, sur son pays, ses plantes, ses animaux et leurs traces (il connaît tous les chants des oiseaux qui nous entourent et sait les imiter), son histoire, ses légendes. Quand on lui demandera plus tard d'où il tient tout ce savoir, il nous dira qu'il a tout appris avec son grand-père qui était un très grand chasseur.

Après 5 km, nous rejoignons la route : il est 18 heures environ et le soleil a disparu. Des commerçants jalonnent cette route. Clément n'a plus de force, nous achetons des mangues et des anacardes ou pommes de cajou (fruits de l'anacardier dont une partie donne les noix de cajou) : ces dernières ont un goût très âpre mais sont très juteuses.
Il nous reste encore 3 km à parcourir le long de la route pour rejoindre le campement mais la nuit tombe et il fait beaucoup moins chaud : nous progressons plus rapidement.
Une bonne assiette de riz à la tomate pour nous requinquer et nous voilà prêts pour la nuit. Elle sera accompagnée dans sa première partie du son de la kora, une harpe-luth africaine, faite à partir d'une calebasse.
Louise
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Vendredi
Vers les hauts fourneaux :
Lever à 6h30 car nous voulons marcher tôt pour éviter la grosse chaleur. Toutefois, il fait déjà plus de 30°C lorsque nous nous mettons en route. Nous traversons en premier lieu les champs sous les manguiers jusqu'à des hauts fourneaux, utilisés par les forgerons dans le passé. A proximité, nous rencontrons des ruches. Je m'en approche, tout en restant à distance, pour prendre une photo mais, attirées par la crème solaire sur ma peau, plusieurs abeilles m'entourent. Finalement, je me fais piquer derrière l'oreille. Siriman intervient aussitôt en me frottant l'oreille avec des feuilles ramassées tout près et fait sortir le dard. La douleur s'estompe instantanément. Il a mis en pratique ses connaissances théoriques, je suis impressionnée !

Ascension à l'Arche de Kamadjan :
Puis nous commençons à grimper, d'abord par une piste, puis dans les rochers. Siriman nous enseigne encore la phytothérapie en chemin. Arrivés au sommet de la falaise, notre vue s'étend au loin, c'est très beau. Nous sommes sous l'Arche de Kamadjan, une formation rocheuse grandiose en forme d'arche. Comme toujours au Mali, l'origine de sa formation est l'objet d'une légende. Siriman nous raconte longuement les événements qui s'y sont déroulés lors du règne de Soundiata Keita, grand empereur du Mali au 13e siècle.

La descente se fait sous une chaleur revenue et nous sommes heureux de rejoindre le campement pour le déjeuner.

Village de Sindala :
Un peu de repos et, vers 15 heures, nous partons, cette fois en voiture (on n'est pas loin des 40°C à l'ombre), jusqu'au village de Sindala (environ 900 âmes) dont nous rencontrons le chef qui est aussi le chef de toute la commune de Siby (8 000 habitants environ dans 21 villages). Ce vieux monsieur de près de 90 ans nous parle de Montpellier où il se trouvait pendant la 2e Guerre Mondiale (le Mali, à l'époque le Soudan français, était une colonie française). On lui dit qu'il trouverait la France bien changée aujourd'hui. Nous visitons son village qui vit d'agriculture et d'élevage. Nous sommes impressionnés par le souci qu'ils ont de l'aspect de leurs habitations. Avec peu de moyens, ils réussissent à agrémenter leur village.
Puis, c'est l'heure de rentrer à Bamako. Nous retrouvons Dalibougou.
Louise
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Samedi
C'est notre dernier jour à Bamako. Nous prenons un sotrama pour nous rendre au Centre Culturel Français. Tous les samedis matins, à la bibliothèque du Centre, Ousmane Diarra (dont Mireille est en train de lire un roman emprunté à la bibliothèque régionale de Marseille !) dit des contes africains en français. La majorité des enfants sont visiblement maliens (il y a aussi quelques enfants d'expatriés) mais sûrement de milieux assez aisés car ils parlent tous le français malgré leur jeune âge (à l'école publique, le français est enseigné à partir de 9 ans environ seulement). On a pu constater, par le biais du conte, que la hyène remplace le loup, en Afrique, dans l'imaginaire des enfants.
Vers 11 heures, nous nous installons dans la cour ombragée d'un resto-café et nous n'en bougeons plus jusqu'après le déjeuner. Puis, nous nous décidons quand même à affronter de nouveau la chaleur, la pollution et la foule. Clément décide d'acheter du tissu sur le marché. Nous commençons à nous sentir à l'aise dans cette ville qui nous est apparue si différente de nos standards à l'arrivée. Nous nous sommes accoutumés aux comportements qui nous semblaient si agressifs au début (c'est-à-dire si insistants envers les touristes).
Un autre sotrama pour rentrer à Dalibougou et nous voilà en train de ranger nos sacs. Le départ approche. Bintou qui finit son service à 18 heures, vient nous dire au revoir les larmes aux yeux. Les Africains sont vraiment attachants. Nous occupons notre temps jusqu'à l'heure du départ en discutant avec Mamadou et Youssouf. Je somnole un peu jusqu'à minuit, heure à laquelle Bouréma vient nous chercher pour nous emmener à l'aéroport...
Louise
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Le Mali est le pays le plus déroutant que j'ai visité. Tout y est si différent. Il est très pauvre (un des plus pauvres d'Afrique) et, pourtant, la joie de vivre s'y manifeste à chaque instant, souvent bruyamment, en paroles et en musique qui est omniprésente.
Les Maliens sont très démunis et, cependant, ils ont la main sur le coeur, toujours tendue vers les autres, ils aiment partager. Bien sûr, beaucoup sollicitent les touristes (les toubabs), images de richesse, mais c'est de bonne guerre.
Aux premiers abords, cette sollicitation, la vue de la misère, dérangent beaucoup. Le manque d'hygiène, le désordre apparent, la poussière ambiante, tout nous indispose. Et puis, on apprend à voir au-delà de l'apparence, dans le coeur des gens, dans l'énergie qu'ils dégagent et tout devient différent. L'accueil est toujours chaleureux, et, malgré la pauvreté, il n'y a aucune insécurité, même à Bamako.
L'Afrique et le Mali, en particulier, méritent d'être mieux connus.
Louise
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